Kanban: Automotive Revolution

de Vital Lacerda
Kanban: Automotive Revolution
8.61 
31 avis

Description du jeu :

"Kanban" — or 看板, the Japanese word for billboard — is a term for the visual cues that might be used in a lean, efficient assembly line in order to expedite and smooth workflow. These signals get the... En savoir plus

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Cette pièce montée n'a pas passé le crash-test

J'aime beaucoup "Vinhos Deluxe" (que je possède) et "The Gallerist" du même auteur, l'un pour l'originalité et le charme de son thème, très bien retranscrit (meilleur jeu économique sur le vin ?!), ses choix lisibles, sa fluidité qui touche à l'évidence, l'auteur atteignant là sa maturité selon moi en accueillant la profondeur dans la simplicité (tout est relatif, mais pour du Lacerda ça file droit !) ; l'autre pour son thème très original, sa diabolique densité (ah, sa piste à triple fonction !) toujours très cohérente et ramassée, et son interaction forte (via la règle d'expulsion qui en fait un jeu de placement d'ouvrier sous stéroïdes). Mais là... trop c'est trop.

"Kanban" c'est fouilli (t'as jamais vu un plateau aussi chargé, bordel !), c'est loooourd (et vas-y que ça empile d'la mécanique au-delà de toute mesure !), c'est laid (heureusement pour nous que depuis Lacerda a vu la lumière avec l'illustrateur Ian O'Toole !) et au final "so what?". Quant au thème froid comme le métal, peu nous chaut (haha !).

Les pièces de qualité dans cette usine à gaz de dingo ne manquent pas pourtant : le jeu dans le jeu de la chaîne d'assemblage des véhicules, le pion mobile de la manageuse pourvoyeuse de bonus, complexe à dompter, l'obligation de briguer des sièges au conseil d'administration pour scorer des objectifs... mais leur assemblage ne produit pas d'idée-force, d'étincelle, le bolide attendu.
Vient un moment où la complexité devient bête, vraiment. C'est du vain savoir-faire de matheux à qui la grâce irrémédiablement se refuse.
On fait plein de petits trucs, on court à droite à gauche, sans que se dégagent clairement des axes stratégiques, sans jamais avoir la satisfaction de construire véritablement quelque chose. Et si on n'est pas dans le bon timing, on subit méchamment.

Lacerda depuis semble s'être aperçu que les vrais maîtres visaient à l'économie de moyens ; aussi s'est-il engagé dans un travail d'amélioration de ses premiers jeux - Vinhos, CO2 - qui consiste à simplifier leur gameplay. Gageons dès lors que cet indigeste "Kanban" se verra un jour drastiquement épuré - il en a bien besoin ! En attendant, la vie est trop courte pour s'infliger un tel pensum.

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