Canal navigable

7,2

En l'absence d'une VF, le premier constat est que l'opération de francisation des 165 cartes est pour le moins fastidieuse, sans être totalement indispensable puisque le texte des cartes reste facilement compréhensible pour des joueurs un minimum polyglottes.

Passé cette étape, le jeu s'avère simple et fluide dans le principe, tout en proposant une palette de choix et une frustration assez conséquente.

Toute utilisation d'une carte pour autre chose qu'en faire un personnage est en effet un renoncement à l'utilisation dudit personnage. On aimerait bien tout poser, mais comme on est loin de le pouvoir (par manque d'argent à chaque instant), il faut trancher.

L'aléatoire est assez présent non seulement du fait de la pioche, avec en plus l'incertitude liée aux valeurs des dés de couleur.
Quand on a le choix entre deux couleurs de cartes, impossible de savoir laquelle sera la mieux valorisée dans le lancer intervenant juste après. Et si comme par malchance tous les dés indiquent des petites valeurs justement à la manche où j'aurais eu besoin d'un gros revenu, c'est juste dommage pour moi.
A part essayer d'avoir un maximum de couleurs différentes, on ne peut donc pas vraiment contrôler cet aspect.

Plusieurs voies sont finalement possibles et le principe de majorité à avoir au moins une fois dans la partie est bien trouvé.
La partie se termine bien plus vite qu'on l'aurait voulu et on peut se faire surprendre sans avoir forcément pu exploiter ses personnages, d'où une frustration encore accrue (et une envie de rejouer !).

D'un point de vue matériel pour finir, le plateau et les illustrations de Menzel sont de grande classe, la qualité de l'ensemble irréprochable.
On apprécie d'avoir 165 cartes visuellement et nommément différentes (à défaut d'être toutes uniques en terme d'effets ; il y a beaucoup de pouvoirs identiques ou symétriques par couleur)

On aurait par contre aimé disposer de présentoirs permettant de piocher des cartes sans risque de dévoiler la couleur de la carte du dessous, ou, pire, faire s'étaler toute la pile. A chacun de se débrouiller par lui-même (sachant que Hans Im Glück a fourni des présentoirs à un moment donné, mais qu'ils sont depuis impossible à se procurer...)

Indéniablement plaisante, cette énième felderie, sans démentir le talent de l'auteur à nous proposer une infinité de mécanismes intéressants, est quand même loin de transcender sa production antérieure.
Elle constitue néanmoins une alternative abordable pour une entrée en matière ou une partie express (1h+).

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