Canal + des rails : un jeu à décrypter

sur Brass
10,0

Attention, jeu pas beau - enfin jeu Wallace, ce qui revient un peu au même : au pire ce n'est pas laid mais de toute façon ce n'est pas beau non plus.

Attention, jeu sans thème : l'Angleterre de la Révolution industrielle, ça n'est a priori pas enthousiasmant. A posteriori non plus d'ailleurs. Ca manque de continents à découvrir monté sur un dragon et équipé d'un sabre-laser.

Attention, jeu obscur : rien de bien complexe mais des phases qui s'enchaînent sans que l'on comprenne le pourquoi du comment, des trucs qui rapportent de l'argent quand ils ont écoulé leur production, d'autres qui disparaissent sur le plateau mais qui bloquent quand même vos développements ultérieurs, etc. Le tout est difficilement lisible lors des premières parties : pourquoi faire cela, pourquoi maintenant ? Brass impose donc une courbe d'apprentissage brève - on fait des bêtises mais on ne les fait pas deux fois - mais rude - les bêtises vous plombent vos premières parties. Brass est un jeu qui gagne à être enseigné avec des joueurs plus expérimentés et conciliants.

Et une fois que l'on maîtrise un peu le jeu, que l'on a fait abstraction du décor, que l'on a écrasé une larme sur le thème, apparaît alors une petite merveille à multiples facettes, un diamant ludique finement ciselé, aussi interactif à deux qu'à quatre. Chaque joueur y trouvera son bonheur.
Si je ne dois en citer qu'un élément, pour ma part ce sera celui-ci : rien n'est écrit à Brass. Il y a de multiples moyens de jouer sa partie, et de multiples chemins qui vous mèneront à la victoire. C'est un joli pied de nez à tous ces jeux pour lesquels on connaît un chemin plus ou moins optimisés et où partir à contresens des ouvertures habituelles vous condamne pour la partie dès le deuxième mouvement.

Brass est une merveille ludique qui vaut amplement l'effort qu'il requiert, et c'est pour cela que je lui mets un de mes rares 5/5.

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