Bonjour tristesse !

sur Gloom
7,0
Gloom appartient à une catégorie de jeux un peu particulière : les supports ludiques pour raconter des histoires - il n'est d'ailleurs pas surprenant de constater que l'édition originale nous vient de chez Atlas Games, éditeur spécialisé dans le jeu de rôle et déjà à l'origine de Il était une fois. La mécanique de Gloom, plus élaborée que dans ce dernier, permet de jouer sans se donner la peine d'appuyer ses actions d'une justification narrative, mais il faut comprendre qu'elle ne présente pas un gros intérêt en tant que telle et que ce n'est bien évidemment pas l'intention du jeu. Mais l'avantage de disposer d'une mécanique de jeu consistante est qu'elle encadre la partie et ne suppose aucun non-dit là où Il était une fois s'avérait en réalité un jeu coopératif : l'intérêt d'une partie étant que les joueurs cherchent moins à gagner qu'à contribuer à l'élaboration d'une belle histoire commune.
Dans Gloom chaque joueur va jouer pour sa pomme - tout en s'efforçant de distraire la table en imaginant les événements tragiques qui vont faire l'intérêt de la partie. Chaque joueur dispose d'une famille de cinq freaks, genre famille Addams (et avec un graphisme très burtonien), et se doit d'accabler ceux-ci des pires tragédies possibles, jusqu'à provoquer leur décès prématuré - si possible quand ils sont au fond du gouffre ! La partie se termine dès qu'une famille entière a trouvé la mort et chaque joueur marque autant de points que la somme des tragédies qui ont frappé ses défunts. Le jeu est ainsi principalement constitué d'événements tragiques ou heureux (qui modifient à la hausse ou à la baisse le destin du personnage sur lequel ils sont joués, trois modificateurs au maximum pouvant apparaître grâce à un système de calque plutôt malin) et de morts prématurées (qui ne peuvent être jouées que sur un personnage dont le destin est négatif).
Gloom est particulièrement amusant à jouer si les joueurs se donnent la peine de fournir l'effort narratif qu'il suppose - car son intérêt strictement ludique reste limité. Par ailleurs le principe en lui-même, délicieusement morbide, est de nature à s'épuiser rapidement ; mieux vaut jouer avec parcimonie pour régénérer l'imagination et ne pas trop vite tourner en rond avec les mêmes histoires.

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