Navegador
Ce jeu est sorti le 17 oct. 2011, et a été ajouté en base le 17 oct. 2011 par le Polack

édition 2011
Par Walther Mac Gerdts
Illustré par Mac Gerdts et Marina Fahrenbach
Édité par PD Games et Ystari Games

Standalone 2 éditions
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OU

Très bon, Efficace, mais déjà-vu

Navegador est un jeu sorti lors d’Essen 2010 et adapté en VF par Ystari en 2011. Il s’agit d’un jeu stratégique d’exploration et de développement commercial pour 2 à 5 joueurs, qui repose sur la fondation de colonies, comme autres Endeavor ou encore le célébrissime Puerto Rico, jeux dont Navegador reprend d’ailleurs certaines idées (jetons exploration, bâtiments, production…)

Au début de la partie, chaque joueur prend 1 plateau individuel sur lequel il placera 1 usine « joker » pouvant transformer n’importe quelle ressource, 1 chantier naval et 1 église. Il prend également 2 bateaux qu’il place sur la zone de départ (au large du Portugal), 200 Cruzados, 1 cylindre à sa couleur à placer au centre de la roue d’action, et enfin une faveur royale qu’on n’utilisera qu’en fin de partie. Le dernier joueur se voit confier la carte Navegador qui octroie une action Naviguer gratuite AVANT sont tour.

Successivement, chaque joueur va pouvoir jouer 1 action et une seule en la sélectionnant sur la roue, MAIS il va pouvoir la reproduire autant de fois qu’il a de ressources nécessaires pour le faire. Par exemple, il peut recruter plusieurs ouvriers, construire plusieurs bâtiments ou mettre à l’eau plusieurs bateaux en un seul tour s’il peut en payer le coût. Même chose pour la fondation de colonies (mais il faut en plus avoir un bateau dans la zone visée). Pour sélectionner une action, on déplace son cylindre en sens horaire ; les 3 premières actions sont accessibles gratuitement, si l’on veut atteindre des cases plus lointaines, il en coûte 1 bateau par case supplémentaire (à reprendre sur plateau et à remettre dans la réserve). Quand on a compris ce fonctionnement, on a déjà compris 50% du jeu.

Les autres cases (Privilège et surtout les 2 cases Marché) sont les cases qui garantissent des revenus, et on va en avoir besoin à cause des phases. En effet, sur le plateau figurent des limites rouges. Dès qu’un joueur « franchit une ligne rouge », la phase change et le prix des ouvriers et bateaux s’en trouvera multiplié, par 2 en phase 2 et par 3 en phase 3. Par contre, chacun des navires pourra se déplacer de 2 ou 3 frontières maritimes au même tour. Plus la phase est élevée plus l’exploration est facilitée. Il faudra donc impérativement avoir réussi à se créer le plus de bateaux et d’ouvriers possible…Ou un trésor de guerre s’il en manque.
L’action Marché permet de VENDRE des ressources [sucre, or ou épices] : 1 par COLONIE qu’on a fondée du type de marchandise vendue, de les TRANSFORMER (on regarde alors les USINES qu’on aura préalablement construites via l’action bâtiment. Les colonies ne comptent pas pour la transformation). On peut vendre OU transformer chacune des ressources au même tour, mais pas vendre ET transformer la même ressource au même tour. Et là est le petit plus de Navegador : au fur et à mesure que je vends, le prix de la ressource baisse car j’inonde le marché ; à l’inverse quand je transforme, je remonte le prix de matière première qui se raréfie puisque je l’ai transformée. Malin, et tactique, car je peux suivant la trésorerie de mes voisins choisir de faire chuter une matière plutôt que l’autre en la vendant ou en la transformant avant lui.
Enfin, l’action PRIVILEGE a une portée plus stratégique. En la jouant, vous obtenez un marqueur de votre choix à prendre sous les arches. Ces marqueurs ne sont réassortis qu’au début de chaque phase. A l’acquisition, ils vont vous rapporter de l’argent : la somme recouverte x le nombre de réalisations dans le domaine choisi. Par exemple si je prends le marqueur privilège qui est lié aux usines, je prends la somme que je recouvre (par exemple 30 Cr) x le nombre d’usine présentes dans mon domaine. En fin de partie, le marqueur va vous servir de multiplicateur (ajouter toute la colonne) x le nombre de réalisations du domaine. Par exemple si j’ai 2 +1 +1 +1 ; le total de marqueurs sera 5 x mon nombre d’usine à la fin par exemple 7 = 35 PV. Inutile de préciser que vous avez tout intérêt à acquérir les privilèges de l’axe que vous avez le plus développé, et le plus vite possible.

La partie prend fin lorsqu'un joueur a découvert la région la plus lointaine (Nagasaki) ou que le dernier bâtiment est construit. Chaque joueur joue alors une fois, y compris celui qui a déclenché la fin.

Or donc, en conclusion, mon feeling est que Navegador est un jeu plaisant, très fluide, aux règles épurées quoiqu’un peu « fouillis » au 1er contact (finalement un tableau Excel résumerait mieux que de longs paragraphes). Le jeu est d’ailleurs très Excel-like. Il manque un poil pour en faire un grand hit. Le grain de l’illustration est relativement grossier (face à un What’s your game par exemple), aucune visibilité sur le score en cours de partie puisque tout est marqué à la fin (ce que –de base-, je n’aime pas, mais l’auteur est un coutumier de ce système cf. Concordia), « dématérialisation » des ressources et des ouvriers donnant un effet « gagne-petit » sur la réalisation. Côté suiveur du point de vue de la thématique. En revanche, certaines mécaniques sont bien trouvées, notamment celle du marché et les multiplicateurs de score en fin de partie. Le système des phases accélère la partie sans pour autant que les retardataires soient décrochés (vs. Endeavor par exemple). Ma note reflétera donc celle d’un très bon jeu avec quelques éléments perfectibles : 8.5 /10

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