Ys

Ce jeu est sorti le 4 nov. 2004, et a été ajouté en base le 30 juil. 2004 par Monsieur Phal

édition 2004
Par Cyril Demaegd
Illustré par Arnaud Demaegd
Édité par Ystari Games

Standalone 1 extension 2 éditions

Bluff convivial

sur Ys

Evacuons immédiatement la question de l’originalité ou non de ce jeu. Il paraîtrait qu’il emprunte des principes déjà vus ici ou là. Pour ma part, je ne connais pas les jeux initiaux. Je ne jugerai donc pas "Ys" en fonction de ses influences.

D’abord, il est indéniable que ce jeu procure un certain plaisir ludique. Ce plaisir vient essentiellement du déchiffrage immédiat de chaque coup. Tout courtier posé pousse clairement les adversaires à choisir entre la surenchère, le bluff (ces deux possibilités peuvent d’ailleurs coïncider) ou l’abandon de position. Qui plus est, ces réactions peuvent être immédiate ou plus longue à venir, entraînant à leur tour une sur-réaction, ou l’empêchant faute de courtiers ou de temps. Le choix de la position de jeu est également responsable d’un gentil cas de conscience : dois-je sacrifier mes meilleurs courtiers afin de jouer après mes adversaires, ou préférer me les garder pour ainsi avoir la possibilité d’ "acheter" une position ? Combien dois-je mettre pour obtenir ce choix ? Le tableau de change est également une belle idée, et sera le lieu de quelques uns des affrontements les plus saignants lors de la fin de partie. Quant aux cartes, elles permettent de renouveler les tactiques et les questionnements, évitant ainsi toute routine.

Ses belles qualités en font un bien joli jeu, mais elles ont leurs revers. A force de chercher l’accessibilité, la convivialité, ce jeu perd en profondeur et en possibilité. Le très faible nombre de courtiers ne permet pas de jouer sur tous les tableaux, loin de là. Si bien que l’on laisse jouer ses adversaires. Le comptage des points vient renforcer ce principe. Tout est fait pour empêcher l’un des joueurs de prendre l’ascendant sur ses adversaires. La distribution de gemmes ou points sera massive et pour tous, presque de manière équitable. L’on peut aimer cette idée, surtout qu’elle évite de laisser un joueur sur le carreau. Chaque joueur peut espérer gagner, et cela presque jusqu’au dernier tour. En tout cas, personne ne peut être un grand perdant. Finalement, pourquoi pas ? Le but n’est-il pas uniquement de s’amuser ? Pourquoi vouloir gagner ? Cela évite également de voir une ambiance plombée par un éventuel mauvais joueur…

Notons que les régulières phases de comptage sont responsables d'une perte de fluidité, ce qui n’empêche pas le jeu d’être assez court (trois quarts d’heure peuvent suffire), tout comme il peut s’éterniser (une heure et demie voire deux heures) en cas de participation de joueurs réputés lents. Dans ce dernier cas, le problème de la fluidité devient un peu plus préoccupant, mais ne saurait gâcher complètement le plaisir général procuré par le jeu.

...

Remarque pas si évidente : le jeu à 5 est extrèmement décevant, simplement parce que l'étroitesse du plateau incite chacun à "acheter" ses positions. Du coup, le jeu perd en réactivité. Le nombre optimal de courtiers présents sur le plateau complet doit se situer pile entre 32 et 40. Peut-être est-il nécessaire, lorsque l'on joue à 5, de découper un tour en 3 mini-phases et non plus 4. A voir...

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