Ce jeu est sorti le 20 juin 2003, et a été ajouté en base le 20 juin 2003 par Monsieur Phal

édition 2003
Par Jean du Poël
Édité par Ferti
Distribué par Ferti

Standalone 6 extensions 2 éditions
Frais de port ajustés en fonction du montant total et/ou de votre abonnement.

BitchCar ou comment carabander

Sous les pavés, la plage n’est plus. Dans les squares et jardins, pas davantage. Le sable a reflué vers la mer.
Evolution funeste : la disparition des bacs à sable, justifiée sur un plan prophylactique par la cohabitation en ces lieux de l’engeance canine avec notre progéniture, aura scellé la fin des circuits de billes de notre enfance. D’un temps où nous revêtions nos tenues de terrassiers et ingénieurs en ponts et chaussées pour modeler dans l’arène les circuits les plus fous où se livrer à des courses d’anthologie. Las ! Les jours ont passé.

L'innocent paradis, plein de plaisirs furtifs,
Est-il déjà plus loin que l'Inde et que la Chine?
Peut-on le rappeler avec des cris plaintifs,
Et l'animer encor d'une voix argentine,
L'innocent paradis plein de plaisirs furtifs?

Aujourd’hui - l’intention est louable - Pitchcar prétend renouer avec la tradition. Même si, sacrifiant à l’engouement actuel pour le carrom, la bille a cédé la place au palet. Exit donc le sable, exit les billes. L’art de la pichenette désormais se perpétue indoor, sur la table du salon, comme un symptôme supplémentaire de ce repli sur les commodités de notre confort bourgeois. Je dis sur la table car parterre pour peu que le sol soit carrelé ou pis revêtu d’une terre cuite ancienne immanquablement cela devient injouable. Passons donc à table. (Prévoir quand même un meuble de très grande dimension) Là, nos affaires s’arrangent quelque peu, bien qu’une glisse parfaite n’y soit pas non plus garantie. Qu’un segment du circuit vienne à affleurer d’un quart de poil et l’on est assuré de partir en vrille. Et qu’advient-il alors du palet ? Un sort identique à la tartine qui s’écrase toujours côté confiture. Dans les histoires juives, le rabbin expliquerait ces déboires en rétorquant qu’on a tartiné du mauvais côté ou, pour ce qui nous concerne, collé le sticker sur la mauvaise face. Mais imaginez un seul instant la tête que ferait un joueur de carrom si ses pichenettes étaient redevables d’un plateau pareillement assemblé ? Voilà donc fondamentalement ce qui me gâche ici le plaisir de jouer : l’inhibition de ne pouvoir vraiment lâcher mes coups. Et puis il y aussi ces fameuses glissières de sécurité qu’on passe son temps, en effet, à remonter comme la braguette d’un mauvais pantalon. Alors un conseil : avant une partie de Pitchcar, choisissez bien votre falzar.
Vous l’avez compris, je n’ai pas été transporté par Pitchcar. Le matériel est certes d’excellente facture mais cela rend du coup le jeu assez onéreux pour un plaisir ludique somme toute assez faible.

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