Bécassyne

sur Amyitis
10,0

Ah ! Amyitis et ses jardins suspendus… Promesses de mille et une essences florales.
Las, moi qui pensait trouver là la palette éclatante de Cézanne, me voilà fort marri. C’était du Goya.
Mille fois Hélas, Amyitis la mal-nommée qui rime si bien avec Myosotis aurait pu s’appeler Bécassyne comme ma cousine qui habite au bord de la mer de Bretagne où elles partagent visiblement les mêmes bunkers.

Disons-le clair. Rarement jeu aussi moche n’aura rejoint mes rayonnages. A ce niveau, c’est de l’Art et assurément le Jeu est entré ce jour-là dans sa Dimension Culturelle.

Je ne sais pourquoi je me suis affairé ce soir-là à débarrasser Amyitis des ses encombrantes protections, rubans adhésifs, piles d’annuaires sous lesquels je l’avais dissimulée. Ayant invité de vieux amis myopes à la table, je m’étais évertué à susciter une saine ambiance de ludicité, dans une semi-obscurité de bon aloi, avant de laisser abouser le jeu sur la table…

Une fois la règle revue rapidement et le plateau installé (le poids des mots, le choc des photos), le jeu commence à égrener le doux ronron de son moteur ludique. Le temps suspend son vol et les neurones savamment titillés s’agitent délicieusement, s’enroulent autour du corps de l’arbre des possibles pour en explorer toutes les terminaisons nerveuses.

Et quand bien même la construction des canaux de Nabucho conduits par acqueduc s’articulent perpendiculairement contre les quatre côtés des carrés de taraxacum en quinconce qui évoque plus un jardin de curé irakien qu’autre chose... Quand bien même… La magie opère et l’on se prend à confondre les arbrisseaux encapsulés avec une fière palmeraie et même à faire fi du village-vacances pour soldats désoeuvrés installés à l’entour.

C’est à ce moment que la réalité nous rappelle. La tension sous contrôle quelques instants auparavant devient palpable. Les regards s’évitent, les derniers soubresauts s’organisent du mieux qu’ils le peuvent. Encore un tour , un tour et demi peut-être… Non. Boum ! Le glas a sonné. La patte d’Ystari a cacheté la partie. C’est emballé. On replie le plateau. On allume la lumière.

Amis joueurs, si la mécanique de jeu compte plus que tout autre chose pour vous, ne passez pas à côté d’Amyitis, ce serait gâcher.
Amis poètes … Bonsoir.
Amis esthètes, ne tournez pas si vite talons. Je ne connais pas d’objet semblable à Amyitis qui puisse si bien mettre en valeur vos superbes plateaux d’Assyria, Princes de Florence, Myrmes, Ys, Caylus ou Yspahan ;)

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