Tikal
Ce jeu est sorti le 31 janv. 2001, et a été ajouté en base le 31 janv. 2001 par Monsieur Phal

édition 1999
Par Wolfgang Kramer et Michael Kiesling
Illustré par Franz Vohwinkel
Édité par Rio Grande Games et Ravensburger

Standalone 3 éditions
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Beau et léger

Tikal avait à l'évidence toutes les qualités requises pour devenir Spiel des Jahres. Et quel Spiel des Jahres ! Le jeu de Wolfgang Kramer est épatant à de nombreux égards. Il ne faut pas jouer très longtemps pour tomber sous son charme. Mais le sort – assurément un éphémère – ne dure pas indéfiniment. En effet, le jeu n'est pas sans défauts. Et après quelques parties, on s'en lasse quelque peu.

Ce qui frappe de prime abord, c'est la beauté de l'ensemble. Très élégant, le plateau est d'une finesse de détails remarquable, rarement atteinte. L'éditeur a fait du bon boulot. Le matériel est très satisfaisant et participe pleinement au plaisir de jeu. En outre, il permet amplement au thème de s'exprimer. Il n'y a pas de doute ; on incarne vraiment le chef d'une équipe d'archéologues explorant la jungle du Guatemala en quête de trésors et de temples précolombiens. L'ambiance flotte au-dessus du plateau. On est ravi.

Quand on parle de « beauté de l'ensemble », on ne parle donc pas uniquement des pions et du plateau, mais vraiment du jeu dans son ensemble, c'est-à-dire aussi bien de l'univers fascinant que le jeu fait naître que des mécanismes. Le tout est harmonieux. Le système de jeu, à base de points d'action, est à la fois léger et fluide, sans pour autant sacrifier la liberté du joueur – très importante, presque euphorisante – et la profondeur du jeu.

Mais cette profondeur est essentiellement une profondeur tactique. Les joueurs se contentent la plupart du temps de réagir à l'arrivée aléatoire de nouvelles tuiles. C'est le principal défaut du jeu. Il est extrêmement dur d'élaborer la moindre stratégie tant on est pris par le besoin de répondre immédiatement aux modifications du plateau et tant la vue à long terme est brouillée par l'incertitude du tirage des tuiles. On peut se faire surprendre par l'arrivée prématurée d'un volcan ou même avoir la malchance de ne jamais piocher de tuile contentant des trésors. Le hasard peut en effet créer d'énormes déséquilibres.

C'est l'aspect familial du jeu. Il est toujours possible de se refaire. Ce ne sont pas les meilleurs qui gagnent nécessairement. Oui, Tikal reste un Spiel des Jahres. C'est aussi quelque part ce qui fait son intérêt. Pas besoin de se prendre la tête pendant des heures sur le placement de ses pions.

Pourquoi ne pas opter pour les règles avancées alors, celles qui suppriment le hasard en soumettant aux enchères les tuiles ? Justement parce Tikal tombe alors dans le travers opposé. Il devient un jeu très calculatoire, très cérébral, où chaque décision doit être pesé longuement avant d'être prise. On perd alors la fluidité, la légèreté et pas mal d'imaginaire. L'un comme l'autre, ce n'est pas satisafaisant.

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