test abracadamo

Nous sommes d’accord pour dire qu’un jeu pour enfants ne doit pas être prétexte à un message éducatif poussif. Le caractère pédagogique du jeu ne doit pas prendre le pas sur le plaisir. Malheureusement, beaucoup de jeux pour enfants sont assez insipides ou martèlent nos marmots avec des concepts peu ludiques. Abracadamo est un jeu coopératif où la parole est reine. L’apprentissage, non exclu de la partie, évitera-t-il l’écueil de l’ennui ? Vous le saurez en lisant le test qui suit.

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Abracadamo
Un jeu de Agnès Largeaud
Illustré par Muriel Kerba
Publié par Djeco
2 à 4 joueurs
7 à 99 ans
Langue des règles: Française, Suedoise, Allemande, Russe, Anglaise, Italienne, Espagnole, Portugais, Néerlandaise, Danois
Durée: 20 minutes
Prix: Non renseigné


Préambule

Agnès Largeaud réalise beaucoup de jeux pour enfants. Flora Color, un jeu de stratégie léger, est d’ailleurs sorti chez Djeco en même temps qu’Abracadamo, et on lui doit également Camouflanimo. Il s’agit de quelqu’un de très productif que vous n’aurez aucun mal à rencontrer sur divers salons.

Djeco est un éditeur de jeux pour enfants qui apporte au marché des productions de formats divers -au niveau de l’âge ciblé, des mécaniques ou de la taille des boîtes- depuis de nombreuses années. Ce qui les différencie vraiment des autres c’est le parti pris graphique qu’ils emploient pour chacun de leurs jeux.

Règles

Comme dans tous les jeux Djeco, la règle tient sur une double page, ce qui en fait un jeu très accessible.

Le roi des contes vous a confié la mission d’aller chercher, tous ensemble, de l’inspiration pour l’histoire qui sera narrée au banquet du soir. Une mission qui vous envoie parcourir le royaume en suivant les chemins de couleur afin de récolter les 8 éléments qui composeront cette histoire. Pour cela, un joueur effectuera les actions suivantes lors de son tour :

Prononcer un mot magique, inspiré par la carte posée face visible à côté du plan, mais qui devra être différent des autres mots déjà prononcés par les autres joueurs. Le nombre de syllabes que comporte le mot détermine de combien de cases le joueur pourra avancer. Pour un mot de 3 syllabes comme ludique, le joueur pourra avancer de 3 cases.

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Piocher une carte ogre : le joueur pioche une carte ogre et fait avancer le personnage désigné sur la couleur dictée par la carte jusqu’au prochain point d’intersection. Si l’ogre rencontre un joueur, celui-ci récupère la carte et devra retirer une syllabe des prochains mots magiques qui pourra prononcer, sauf s’il possède un jeton “vilain mot”. Un jeton potion peut également lever cette malédiction.

La partie prend fin si tous les joueurs ont réussi à récolter les 8 éléments de l’histoire et à revenir au château, auquel cas ils remportent la partie, ou si la pile des cartes ogre est épuisée et dans ce cas les joueurs ont perdu.

Pour plus de difficulté, il est tout à fait possible de retirer un certain nombre de cartes ogres. L’auteure propose d’ailleurs une variante sur la fiche TricTrac du jeu.

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Matériel

Les jeux Djeco possèdent une patte graphique qui les différencie immédiatement des autres productions ludiques, et Abracadamo ne fait pas exception. La découverte de la boite peut d’ailleurs surprendre, notamment la découverte des cartes que j’ai qualifiées dans ma fougue linguistique de “Dixit sous LSD”. Oui, ça fourmille de détails comme dans le jeu de Libellud, avec une approche imaginative et second degré, tout en proposant quelque chose d’inhabituel. Ça surprend. Ce qu’il faut savoir c’est qu’au départ, lors du FLIP, l’équipe de Libellud avait prêté des cartes à Agnès Largeaud pour son proto, ce qui peut expliquer cette inspiration osée. Les cartes possèdent un design particulier mais qui s’explique amplement lorsque l’on découvre ensuite les règles. Le reste du jeu possède une patte graphique tout aussi fantasmagorique mais très uniforme, de plus la qualité du matériel est vraiment très bonne (surtout au vu du prix tout à fait raisonnable). Il faut simplement aimer ce style ou passer outre, sans pour autant oublier queles jolis pions en bois et les cartes sont plaisants à manipuler.

Ressenti durant les parties : Abracadamo est un jeu très malin. La mécanique principale de syllabes est vraiment très bien trouvée, judicieuse sans être punitive tout en se payant le luxe d’être éducative. Pour faire écho à mon introduction, Abracadamo est un jeu qui nous apprend des choses sans qu’on s’en rende compte, et c’est pour moi ce que devraient être tous les jeux pour enfants : éducatifs sans en avoir l’air et surtout sans être barbant.

Le jeu étant coopérait, on prend aussi du plaisir à faire cette aventure tous ensemble, en cherchant nos mots et en tremblant à chaque carte ogre retournée. Il y a du suspens et, si le jeu vous semble trop simple, il suffit de retirer quelques cartes ogres pour faire monter la tension.

Je ne me suis pas ennuyé en jouant à Abracadamo et ce système de progression ingénieux m’a vraiment plu, assez pour y revenir de temps à autre.

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Durée de vie

Il ne faudra certespas enchaîner les parties si on souhaite en conserver la fraîcheur, mais Abracadamo est un jeu que l’on sort facilement et qui plaît aussi bien aux parents qu’aux enfants, un très bon point. Il s’agit bien entendu d’un jeu pour enfants, avant tout et sa durée de vie sera donc limitée, pour autant il ne s’agira pas d’un jeu qui rejoindra le placard après une seule partie, loin de là.

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Avis

Abrcadamo m’a plu, je l’ai trouvé très bien pensé, simple dans ses règles et pédagogique tout en n’oubliant pas d’être amusant. Le fait qu’il soit coopératif retire le côté compétitif et punitif, amenant le jeu à la portée des plus jeunes.

Je ne voudrais pas m’avancer mais je pense qu’il serait parfait pour les écoles ou les associations d’aides aux enfants abordant le langage et son apprentissage par un moyen ludique.

Un très bon jeu familial qui aura peut-être du mal à trouver son public à cause de son graphisme original et de sa mécanique qui peut effrayer sur le papier. Ce serait pourtant passer à côté d’une expérience ludique enrichissante et plaisante, alors pourquoi s’en priver ?

Merci à Chips pour sa correction.

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  • Abracadamo

    Par Agnès Largeaud , illustré par Muriel Kerba Édité par Djeco
    2 à 4 joueurs
    7 à 99 ans
    20 min
    Langue des règles : Français, Allemand, Anglais, Espagnol, Néerlandais, Italien, Suédois, Portugais, Russe, Danois
    Drapeau
    Prix : 25,00 €


Commentaires (4)

  • Docteur Mops

    "Le caractère pédagogique du jeu ne doit pas prendre le pas sur le plaisir."

    Et pourquoi donc ? Voilà un débat intéressant. Le jeu (dans son acception globale) est-il uniquement assujetti au plaisir ? C'est ce que laisse entendre son aspect de loisir mais je ne crois pas que le jeu soit uniquement un loisir. Ce qu'il faut éviter ce sont des enseignements déguisés en jeu mais le jeu comme outil pédagogique pourquoi pas ? Mais là on va vite encore buter sur la définition de "jeu" ^^

    Un exercice de maths n'est rien d'autre qu'un jeu à mon avis. Et comme tous les autres jeux, il y a des joueurs qui n'aiment ça surtout quand on ne peut pas l'éviter ^^

  • arthelius

    Tout d'abord merci pour ce commentaire, c'est que j'attends de mes lectures, de pouvoir ouvrir avec eux de nouvelles voies de réflexion et d'échanger.

    Effectivement lu (et relu pour ma part ici), comme ça, ça ne va pas. Lorsque je disais ça je pensais aux jeux "apprendre les tables de mutliplication avec le professeur morose". ça ne donne pas envie d'y jouer et les enfants s'ennuyant la plupart du temps devant ce type de jeu. Et je suis parfaitement d'accord, et c'est d'ailleurs ce que je voulais dire (mais que j'ai fais maladroitement), le jeu ne doit pas être déguisé pour tromper les joueurs. Après le jeu comme outil pédagogique, oui et encore oui !

    Tout est question de calibrage, le jeu peut être pédagogique (d'ailleurs j'ai envie de dire que tous les jeux le sont un peu, même beaucoup), mais cela ne doit pas entacher le plaisir de jouer. Après le rapprochement avec les math est un très bon exemple, mais nous ne nous amuserons pas tous autant devant des équations du second degré. Ici on touche à la notion personnelle de plaisir (et d'apprentissage), qui fait que nous ne réagirons pas tous de la même manière devant un jeu.

    Tout ceci nous ramenant à la définition même du mot jeu qui est plus large que celle que l'on nous donne ou même suppose. Certains verront dans des exercices difficiles, un jeu tandis que d'autres les aborderont comme des corvées.

    Je pense, peut être à tort, qu'au fond il n'y a pas une définition universelle pour le mot jeu, mais plutôt une définition personnelle.

  • Endr

    Hello Arthelius,

    merci pour cet article :-)

    J'ai acheté Abracadamo pour ma nièce et ma fille à Noël, séduit par le dessin et le thème du jeu, et à te lire j'ai d'autant plus hâte de jouer avec les enfants...

    Concernant le lien jeu et apprentissage, ou le jeu comme moyen pédagogique, je suis convaincu que cela peut-être un super outil auprès des enfants (et des adultes), à condition que cela soit effectivement un vrai jeu !

  • Lonni

    Pour qu'il y ait "jeu", il faut que l'individu soit libre et volontaire. L'enfant, ou l'adulte, ne sera pas en situation de jeu si on le force à s'assoir à la table et à jouer. A contrario, si la personne vient au jeu d'elle même, ou par une forme de motivation, là, elle sera dans une situation de jeu propice au plaisir et à l'amusement.

    Donc pour l'exercice de math, si la personne décide de le faire d'elle même et à vraiment envie de trouver la solution, alors on peux dire qu'il y a "jeu". Sinon, par contrainte, se sera un exercice, un devoir, et donc le plaisir ne sera pas présent.

    Alors le jeu peux se retrouver partout, ça dépendra de l'approche que l'on a avec la situation et du cadre dans lequel celle-ci évolue.

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