les grands de l'histoire : les philosophes et descendance

Par arthelius

Publié le 14 janv. 2015 • Lecture 5 min. •  1092 vues

les grands de l'histoire : les philosophes et descendance

Il n’y a pas à tergiverser : si l’on ne veut pas être assailli par le quotidien et s’enfermer dans une routine avilissante, il faut se remettre en question et chercher de nouveaux défis à relever. C’est ainsi qu’est née l’idée de cet article, mêlée à l’envie d’aller plus loin grâce aux jeux, tout en n’oubliant pas le domaine qui nous lie. Prétexte pour philosopher, ou du moins semer quelques idées, tout en tournant autour du jeu pour mieux se l’approprier afin de faire passer des messages et surtout soulever des réflexions.

Pas plus tard qu’hier, attablé à une grande table en bois, près d’un feu de cheminée aux vertus thermiques bien appréciées, je jouais à Descendance avec mes trois amis : Socrate, Platon et Aristote. Caressant leurs barbes, ils cherchaient à établir la meilleure stratégie possible, faisant passer de vie à trépas nombre de meeples, sources de nombreux points.

Bien entendu, comme vous pouvez vous en douter, cette partie ne pouvait pas se dérouler tranquillement sans que l’un d’entre eux ne lâche une citation appropriée à la situation. Il faut dire qu’ils sont bavards et tout devient une excuse pour ces hommes de verbe. Tandis qu’Aristote faisait passer son charpentier de vie à trépas, plaçant le pauvre terrassé dans le cimetière, Platon lâcha « L'essentiel n'est pas de vivre, mais de bien vivre. ».

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N’osant poser plus de questions sur cette phrase, je tripotais mon meeple, tandis que mon esprit divaguait. Il est vrai que dans Descendance, nous contrôlons les pauvres meeples, tel un dieu injuste, les menant à l’abattoir si cela peut servir notre cause. Cette puissance, qui nous est donnée par les règles du jeu, nous pousse à nous servir des autres selon nos besoins et sans que ces derniers n’aient quoi que ce soit à dire. Les plus pragmatiques d’entre vous diront qu’il ne s’agit que de pions. Mais ne sommes-nous pas des pions entre les mains d’une force supérieure ? Vous trouvez cela cliché. Pourtant, cette situation se vérifie dans des domaines plus proches de nous, avec nos institutions et nos dirigeants. Qu’il s’agisse de nos élus ou de notre patron, au final nous ne faisons que faire ce que l’on nous demande, que ce soit les lois ou les requêtes de notre travail en échange d’un salaire. Si cela peut sembler être une compensation, nous ne faisons que travailler pour le bien financier de la compagnie et de la société. Manipuler et être manipulé est donc monnaie courante chez les humains. Mais ce que Platon prodigue c’est d’avoir une vie bien remplie. Chose que ne partage peut-être pas ce pauvre meeple qui vient de rejoindre sa tombe.

Socrate réfléchissait intensément, c’était à son tour de jouer. Il regardait attentivement ses fermiers dans sa petite ferme. La ressource rose face à l’église lui faisait bien envie. Le plaisir de la chair contre un pion de plus, tout en gagnant une ressource : un cadeau dont il ne pouvait décemment pas passer à côté. Les tours défilèrent à vive allure, tandis que Socrate continuait d’amasser les ressources. Ce qui n’échappa pas à l’œil vif d’Aristote qui en profita pour lâcher une phrase plus sérieuse « Les avares amassent comme s’ils devaient vivre toujours ; les prodigues dissipent comme s’ils allaient mourir. »

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Et il a pas tort Aristote faut dire, et dans les jeux amasser pour mieux scorer ensuite peut être une bonne technique, tout comme essayer d’être un peu partout. Prendre de gros risques pour gagner plus est l’une des mécaniques les plus courantes du jeu. Mais dans la vraie vie, celle que vous vivez, que je vis, est-ce que cela est toujours aussi payant ? Malheureusement non. Un peu comme dans les jeux me direz-vous. Certes, mais la notion de récompense est tout de même plus présente dans les jeux, et c’est normal ce sont des loisirs. Et même s’il est rare qu’un joueur puisse voler la grosse récompense d’un autre, afin de ne pas frustrer outre mesure le joueur. Le joueur qui passera en second pourra reporter toutes ses ressources sur un autre objectif, qui malgré tout sera moins intéressant afin de renforcer la course à la récompense et le challenge. Mais est-ce que cela ne serait-il pas applicable dans la vie réelle ? Cela peut se traduire par des économies faites pour une activité, qui entre-temps est passée de mode, mais aussi dans d’autres domaines moins matériels comme les connaissances. Même obsolètes celles-ci peuvent servir. Si vous avez appris à coder dans un ancien langage désuet de nos jours, est-ce que cela ne peut pas servir pour des études historiques ou remettre sur pied d’anciennes machines ? Ou tout simplement pour transmettre un savoir, qui un jour finira par se perdre si on ne fait rien. Donc amasser oui, mais prendre des risques de temps en temps aussi.

Voici que vient le tour de Platon. Bien décidé à conquérir les routes, il poursuit son bonhomme de chemin, amassant les bonus. Bien entendu quelques illustres membres des différentes familles sont passés de vie à trépas entre-temps, mais qu’importe c’est le jeu qui veut ça. Pendant ce temps Aristote se concentre sur le marché. Socrate qui a repéré le manège de ses adversaires, délaissant les différents métiers, n’hésite pas à siffler la phrase suivante, tandis qu’il utilise à bon escient les multiples ateliers : « Il n'y a point de travail honteux. »

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Et c’est bien vrai par les temps qui courent, dans notre monde où le travail vient à manquer. Mais cela a toujours été vrai par ailleurs. Croyez-vous que l’éboueur qui vous débarrasse de vos poubelles nauséabondes vaut moins que le député qui vote des lois qui ne vous concernent pas forcément ? Être à un poste plus important ne veut pas dire que son rôle a plus d’importance qu’un autre. Pour prendre un autre exemple, croyez-vous que dans une ruche la reine, pilier de la demeure vaut plus que l’ouvrière qui trime pour récolter le pollen ? Je ne pense pas. C’est une histoire de place et de reconnaissance, pas uniquement de soi, mais aussi des personnes qui nous entourent.

Ils ne sont pas très bons aux jeux, pour preuve pendant qu’ils palabraient j’en ai profité pour tirer mon épingle du jeu en remplissant le registre, faisant de moi le vainqueur. Certes j’ai abusé de leur éloquence, mais qu’importe, il fallait être plus concentré. J’ai préféré vivre l’instant présent, afin de mieux me concentrer sur les sages paroles de mes amis à tête reposée. Et je vous invite à en faire de même.

Un petit mot avant de vous quitter, cet article a pu voir le jour grâce aux soutiens des tipeurs qui grâce à leurs tips m'ont permis de trouver du temps à consacrer à cet article, qui j'espère vous aura plu, et qui comme ses prédécesseurs s'améliorera selon vos remarques, et qui sera le premier d'une nouvelle vague remplie de surprises !

Merci à Quilicus pour sa correction.

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arthelius

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