Monsieur Guillaume

Financement participatif : Et si le "mieux" était l'ennemi du "bien" ?

Financement participatif : Et si le "mieux" était l'ennemi du "bien" ?

Au risque de se retrouver à nouveau gentiment "FranHoiss-icher" avec humour, et simplement parce que le sujet et toutes les réactions humaines qu'il agrège sont passionnants, continuons de suivre les changements, les mutations, voir les turpitudes, des jeux de société proposés en financements participatifs : 

 

Note préliminaire de la page 1, importante à lire ! : Il y a ici des réflexions, des prises de recul, quelques analyses et beaucoup de questionnements. L'ensemble n'engage que son auteur, au titre d'observateur du dit-phénomène et amateur de la chose ludique. Il y a des chiffres aussi... plein... pour comparer du comparable...

Et pour tout le reste, il y a Master... les spécialistes ! 

Financement participatif : Et si le "mieux" était l'ennemi du "bien" ?Financement participatif : Et si le "mieux" était l'ennemi du "bien" ?FranHoiss

 

S'il y a moins de six mois depuis nos premières réflexions, c'est que les choses ont largement continué d'évoluer. Entre l'échec qui n'en est pas un mais peut-être "comptablement" quand même de Claustrophobia (le papotache ici... attention, si vous êtes un humain parfois irrationnel, ne pas cliquer !) et les campagnes attendues qui semblaient pouvoir atteindre des sommets mais qui s'arrêtent à mi-pente en espérant ne pas redescendre, quelle période charnière vivons-nous, tout de même ! Voyons un peu l'état des lieux :

 

Show "must" go on ? 

Un des arguments vendu comme impératif pour une campagne de financement participatif réussie est "le show", le spectacle. C'était peut-être vrai lors de la découverte de ce nouveau jouet que sont KS et consort, mais visiblement, "l'habituation rétinienne" fait qu'il devient difficile de maintenir un spectacle attractif, alors même que les spectateurs commencent à être blasés... et puis, un spectacle long, une longue campagne... et bien nous finissons par nous apercevoir que... Ben que c'est long, quoi !... Pourvu que le spectacle des prochains KS ne soient assuré par les artifices habituels du salon de l'auto...

Tric Trac© photo news

Monumental (Funforge) se termine après 30 jours d'une campagne sur une longue durée, avec du stretch goal en veux-tu en voilà (près d'une quarantaine) dévoilés progressivement, du social network et du community management. Ce deuxième lancement (la campagne précédente ayant été stoppée puis retravaillée) est un succès puisque 5600 pledgeurs (ceux qui payent pour participer à la campagne) auront rejoints l'aventure. Cependant la somme accumulée n'est pas le million, voir le 1,5 millions qui semblait pouvoir être caressé.

Tric Trac

Par ailleurs, si l'image de la société auprès des "financeurs" peut être invoquée, une fois encore, elle ne suffit pas à tout expliquer. Mythic Games jouit d'une bonne image auprès des pledgeurs : C'est l'énorme Time of Legends : Joan of Arc (plus de 10 000 contributeurs et 4 millions de fond levés) et Solomon Kane qui n'a pas à rougir (quasiment 8000 contributeurs et 2 millions). Et quand bien même ces deux projets ne sont pas encore livrés, la communication (dont nous avons déjà parlé précédemment) est la plus active possible. Et pourtant, le troisième projet, Reichbusters : Projekt Vril, là aussi "projet à spectacle" (strech goal, figurines en pagaille, écoute pro-active des souscripteurs, etc), n'est pas sur le rythme effrénée attendu. Et pourtant, cette fois, la campagne est courte (10 jours) et simple (deux pledges, avec des achats supplémentaires possibles).

 

 

Troisième et dernier exemple : Deep Madness. Et vas-y que Diemension Games te dégueule du kiloplastiques avec de la figurine horrifique et du monstres torturés (et de taille qui l'est tout autant) ; avec de la bonne affaire ("prenez mon bundle et vous économisez 10€ par rapport à l'offre boutique") dans tous les sens ; et vas-y que je te place des tuiles  double sized, plus de 8 kg de matos, et du scénarios en campagne... Tout pour plaire!...

Et ça plait ! 9 566 contributeurs et 1 440 000 $ (sans le pledge manager) pour soutenir ce projet... Oui, mais ça, c'était en 2016, me direz-vous ? Et les livraisons finales sont, une fois encore, de cette année seulement, deux ans plus tard. Et bien pourtant, ils viennent de remettre le couvert avec le second tirage qui s'est achevé il y a peu...

 

Tric TracAu secours, noyades sous cartons et plastiques (polluants ;) ) en vue... 

 

Et ça plait encore ! 7 768 contributeurs... une sommes rondelettes de 840 000$ de plus !... Mais, mais, mais, nuançons un peu : 2475 prennent des boites de base et des All-in. Considérons-les comme de nouveaux joueurs ayant entendu parler du jeu et souhaitant se le procurer... Et comparons-les aux 4680 primo-joueurs de cette deuxième campagne : 1255 participants souhaitent seulement acheter des extensions qu'ils n'ont pas pris lors de la première campagne, et 3425 contributeurs du premier "print" récupèrent les nouvelles extensions proposées dans ce projet. Donc, sur 9566 primo-joueurs, 4680 sont revenus chercher du matériel supplémentaire, de l'extension, soit 48,9%. Si nous mettons en relief ce chiffre aux chiffres des extensions de jeux en "édition classique" vendues en boutique, c'est une belle réussite ! 

Et on viendrait nous dire que, dans un cas comme celui de ce second print, la plateforme de financement participative n'est pas considérée comme une boutique en ligne fonctionnelle ?... voyons, voyons... ts ts ts !

Bref, le spectacle et le kiloplastique ? Ben, p'têt ben qu'oui, p'têt ben qu'non, ma bonne dame ! Et c'est un peu l'arbre qui cache la forêt...

 

Pledgeurs, Pledgeurs... oui, mais c'est des humains !?!

Et si nous regardions du côté des licences...censément juteuses et attractives... Même si Batman a montré qu'atteindre les "nouveaux contributeurs", ces personnes qui n'ont jamais participé à un financement participatif, était loin d'être une chose aisée, cet El Dorado nouveau (les aficionados sous perfusions de KS suivant déjà tous tout ça de près) pourrait même être un mirage. Oh, il y a bien l'arbre qui cache la forêt avec d'énormes financements : Horizon Zero Dawn s'est terminé fin septembre avec quasiment 10 000 participants (10% sont des nouveaux venus) et 1,5 millions (sans compter le pledge manager qui arrive) mais ce serait oublier qu'il y a deux ans, pour ce même éditeur, c'était Dark Soul, ses 31 178 contributeurs (dont 9 250 nouveaux pledgers... 29,6%...) et ses 4 millions... En deux ans, quel écart ! Est-ce que toutes les personnes susceptibles d'être intéressées par des jeux de société sont maintenant au courant et sur KS ? Est-ce que le fait d'être, dernièrement, seulement en train de livrer les derniers produits Dark Souls deux ans plus tard, joue dans cette "méfiance" ? C'est possible ! 

Tric Trac

Ne pas craquer... surtout ne pas craquer... yes ! Achievement succeed !

 

Et Assassin's Creed : Brotherhood of Venice alors ? On ne peut pas dire que la licence d'Ubisoft ne soit pas un challenger efficace. Triton Noir, avec V-Commandos et son succès d'estime réjouissant, en travaillant avec Manuel Rozoy (Time Stories), a mis toutes les chances de son côté : Du narratif, une campagne avec la gestion de son campement entre les scénarios, de l'infiltration et des cascades depuis les toits... Bref, lors de la TTTV que nous avons fait avec Thibaud et Manu, ça faisait bigrement envie !

 

 

 

Et là encore l'irrationalité pointe le bout de son nez :

  1. Lors de la campagne de Claustrophobia, il était critiqué que tout soit prêt, que cette campagne n'était qu'une pré-commande, que le jeu était tout fini, les règles écrites et fixées... parce que, vous comprenez, "en ayant mis de l'argent dans le projet, et même si je suis "-----" (insérer ici un métier, domaine de compétence du "financeur"), je suis maintenant co-auteur, co-développeur et co-éditeur assermenté du jeu, avec toutes mes bonnes idées, qu'en les réalisant, le jeu va être sublimé !". Modérons de suite l'interprétation de ces propos : Certains pledgeurs proposent respectueusement des idées et laissent les éditeurs prendre les décisions qui relèvent de leur domaine de compétences. Nous parlons ici d'autres, plus consommateurs, qui considèrent qu'à partir du moment où ils mettent de l'argent, ils (s)ont des d(roi)ts, en tant que client-financeurs, et ne mettent pas la forme.
  2. Et pendant ce temps-là, sur la campagne d'Assassin's Creed : L'équipe de Triton Noir, souhaitant être honnête et transparent, indique que les règles sont en développement et que les choses peuvent évoluer au gré des séances de playtests jusqu'en 2020, année à laquelle sera livré le jeu, indiquée pour être sûr de ne pas être "en retard". Et bien certains gueulent encore parce que les règles ne sont pas finies, terminées, stables... et du coup, comment s'engager sans savoir ce que ça donnera in fine ? 

Ce ne sont certainement pas les mêmes personnes, mais il est clair, et c'est une Lapalissade, que gérer un paquet d'humain... peut conduire à sombrer dans la folie !

Tides of Madness : quand le temps devient fou

"Je te dis qu'il ne faut pas d'Early Bird temporel et ne jamais commencer le jeudi, sinon, les planètes ne sont pas alignés et je n'achèterai pas ton jeu... tu piges ou je t'aspire les orifices ?"

 

En tout cas, le feu d'artifice attendu n'est pas au rendez-vous. La campagne demande même des ajustements... Certainement la faute aux "early birds", c'est évident... et tellement rationnel, bien sûr : Un "early bird", c'est une offre qui assure un pledge financièrement un peu plus intéressant à ceux qui participent le plus vite, au commencement de la campagne... pour lancer les choses, quoi... et remercier ceux qui font confiance dés le départ au projet. Seulement voilà, ceux qui arrivent plus tard, et bien, ils ne sont pas contents : "Et puisque c'est comme ça et que moi, je peux pas économiser 50€, et bien je pledge pas du tout, na !". oO Ah bon ? Et bien excusez-moi, mais moi, ce que je voulais, c'est un bon jeu... pas une promotion de 50€ !... Bref ! 

Attention, ne déconsidérons pas les choses trop vite à trop vouloir regarder les choses d'un oeil critique. Assassin's Creed : Brotherhood of Venice, c'est actuellement plus de 5000 contributeurs et plus de 500 000€ et il reste 13 jours (mais à animer, ce peut être long) avant la fin. Il s'agit simplement de remarquer que ces campagnes, précédemment taillées pour "exploser"... n'explosent plus... ou plutôt soyons positif : "n'explosent pas autant qu'elles auraient pu le faire, il y a ne serait-ce qu'un an !"

Tric Trac

 

Et puis il y a ces belles histoires qui continuent de faire rêver et qui continuent de faire croire que le financement participatif, c'est de l'argent facile, des sucess stories à l'américaine :

Tric Trac- L'extension de Spirit Island, Paf : 8 080 contributeurs qui engagent 700 000€ là où le jeu de base n'avait fait que sourciller 1178 participants... mais entre les deux, le bouche à oreille a fonctionné à plein autour d'un jeu très satisfaisant dans son propos et sa mécanique (les TTTV sont ici puisque ça arrive en français chez Intrafin bientôt).

-> Ouf ! Donc, quand un jeu est très bon, ça finit par se savoir, c'est rassurant !

 

Tric Trac

- Volfyirion, un petit jeu de cartes deckbuilding rapide arrive à quasiment 9000 contributeurs... mais c'est sur un jeu de base à 9$... ce qui donne un tout petit 184 000 € ;

-> Ouf ! Donc quand un jeu n'est pas sur-édité, au "juste" prix, en plus d'être joli et à priori bon, ça passe aussi... c'est rassurant !

 

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- Tidal Blade - Heroes of the reef chatouille également les 9000 contributeurs mais avec un panier moyen à moins de 80€...

-> Ouf ! un jeu dont on a les règles, des illustrations chatoyantes, des roues, des dés, un mode solo, des figurines mais pas trop, des ressources mais pas trop, et surtout une robuste piste de dé en plastique moulé par injection du Chronosseum qui fait tout !... ça marche encore ! C'est rassurant ! (Cesse, ironie, cela suffit !)

 

One Step beyond ?

Se pourrait-il alors qu'un angle d'analyse soit l'aspect culturel et temporel de l'utilisation de cette nouvelle possibilité éditoriale ? (rappelons-le, nous ne considérons ici que le domaine du "jeu de société")

Nous autres joueurs, nous avons découvert et "joué" avec un nouveau joujou, de façon "fofolle", "épaté", "dans tous les sens" et même "irrationnelle", avec "des étoiles pleins les yeux" à ses débuts. Maintenant, les différentes contraintes : financières (chacun l'ayant aussi à des niveaux différents ce qui complexifie l'équation), place de stockage, connaissances des astuces cachées, tout ceci nous ramène à des comportements plus rationnels d'analyses, revenant aux axiomes classiques de départ :

- "ai-je les sous pour tous ces jeux KS sans compter ceux qui sortent en classique" ? ;

- "ai-je de la place pour ce jeu ?" ;

- "au delà du spectacle et des figurines, que m'apporte le jeu ?" ;

- "est-ce que la promesse (délai de livraison, règle et développement du jeu, etc) qui m'est faite peut être réalisée par celui qui me la faite ?" ; 

- "le jeu est-il vraiment bon ou est-ce juste un nouveau "ouaip, c'est pas mal" ? (mais nous y reviendrons dans un prochain article) ;

 

Une fois encore, "l'avantage" du Net et des réseaux sociaux, c'est que tout se dit et surtout son contraire ! De ce côté-là, pas de soucis, le financement participatif déclenche des débats passionnés (et pour le "passionnant"... chacun y trouvera aussi à dire alors...). Quoiqu'il en soit, les plateformes, KS étant une des plus importantes, si ce n'est LA plus importante, peuvent être :

- considérées de façon naïvo-angélique comme "mais enfin, normalement, c'est un tremplin pour aider les porteurs de projet sans qui ces projets ne pourraient pas exister financièrement... pas pour se faire de l'argent", ou

- considérées de façon économico-pragmatique comme un nouveau "temple du capitalisme et de la spéculation, boutique en ligne et machine à cash, un nouveau supermarché où les rayons seraient remplis de projets qui attirent le chalands à grands coups de promotions, d'offres à ne pas rater, et des consommateurs, grégaires ou éclairés, qui vont et viennent au gré des mouvements de troupeau pour faire leurs courses de spectacles-cartons-plastiques pour remplir leur ludothèque et/ou leur vie, prennent puis reposent, tout en s'exprimant à voix haute sur le "comment ça devrait être fait" et le "pourquoi la boite aurait dû être rose pour franchir le cap des 5000 bakers"...

... la vérité doit être ailleurs... ou entre les deux !

Tric Trac

Et puis, il y a les porteurs de projet plus modeste... et là encore, pas évident de positionner le curseur correctement : Entre le nouveau projet d'Ankama autour de Krosmaster Blast qui peine à monter jusqu'au 1000 participants et la relance d'ArenaBots (Happy Games Factory) qui, après avoir revu la copie du jeu, relance ce dernier et la machine grippe encore ; Entre Officinalis chez Robin Red Games qui doit être ravi de ses 1300 contributeurs, ne demandant au départ que 4000 €, et les Funky Sheep qui ont sué sang et eau pour travailler leur Badass Force ou Rallyman GT chez Holy Grail Games, il ne semble parfois y avoir aucune logique, aucune rationalisation possible du résultat...

Petits projets ou gros projets ; Espérant atteindre les étoiles ou n'espérant qu'être financé ; En circuit parallèle ou incluant les boutiques ; Full communication/spectacle ou débarqué de nul part en mode bric et broc... Il ne faut pas oublier que le grand gagnant reste la plateforme elle-même. En ce qui concerne Kickstarter, entre avril 2017 (un peu plus de 3 milliard de $ de pledges cumulés) et avril 2018 (3,6 milliard), c'est une progression de 20% pour finalement approcher les 4 milliard de $ en octobre 2018 (source) alors que la proportion de projets financés dans le domaine du jeu sur cette plateforme n'est finalement que de 37,61% (36,55% toute catégorie confondu) (source).

Tric Trac

Une fois encore, à la rédaction Tric Trac, nous suivons cela en essayant d'être sur le fil... pour ne pas tomber dans la réaction rapide pour "l'acte compulsif d'achat", ni dans la conso-communication. Juste amener de la réflexion afin que, comme toujours, chacun puisse se positionner en ayant conscience des tenants et des aboutissants et agir en toute connaissance de cause. Et puis, au vu des derniers résultats d'un des prétendus ténors du genre, Cool Mini Or Not, au vu de tous ces changements rapide, l'année 2019 risque d'être palpitante... même si elle risque d'entendre résonner des marches funèbres ! C'est la vie !

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1Je n'aime pas

Commentaires (76)

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Salem2612
Salem2612
Vous voulez savoir pourquoi les joueurs achètent moins sur KS qu'avant ? Parce qu'une fois qu'on a acheté tous les KS de Monolith de l'année + The 7th Continent, y a plus d'argent dans le porte-feuille ma bonne dame ^^ Il faut être fou pour sortir une campagne KS la même année que Batman ou The 7th Continent.
ddkhan
ddkhan
Article intéressant, ça me fait penser à des analyses de Jamey Stegmaier, de Stonemaier (Scythe) sur le financement participatif, notamment ça : https://stonemaiergames.com/if-i-returned-to-kickstarter-part-1/ (liste complète des "KS Lessons" : https://stonemaiergames.com/kickstarter/full-list-chronological/).
Personnellement le plus dur pour moi avec les jeux KS c'est de savoir s'il s'agit vraiment d'un bon jeu une fois mis de côté tous les autres aspects du jeu et de la campagne (graphismes, SG, réputation de l'éditeur, etc.), et ça c'est difficile à savoir avant d'avoir pu faire quelques parties...
cetrod
cetrod
bonjour,

Est ce qu'il serait possible d'avoir le % de pledgeurs hommes ? de créateurs de jeux homme ?

Parce que sans rentrer dans la psychologie des traumas et des manques, si je pars du principe que la définition du "masculin" , c'est la capacité d'émerveillement, alors la ksolicisme, s'explique assez facilement... Et la stagnation d'un marché où les primo entrant ne concerne pas 50 % de l'humanité aussi.

Où sont les femmes ?

La mienne remplis la maison avec des "trucs" à "construire" (capacité de pouvoir) quand moi je le fais dans l'attente du face à face ultime (genre higllander) avec ZI joueur qui me mettra une doudoune, et qui fait que j'accumule aussi les jeux comme un philosophe les théories...

Et pi quand je serai vieux, je jouerai avec mes petits enfants (plein) ! Pour leur transmettre que vivre c'est prendre des décisions, inventer et aussi se lâcher ! parce que la vie est un jeu, ZI GE ! Contrairement à ce qu'on demande à l'école (tais toi et "fait"...)

Enfin, mon héritage sera pharaonique entre tous "mes" playmobils, legos, jeux familiaux, et ks ultimement rare d'une époque où tout n'était pas virtuel : Zi Art of Game en Plastic !!!

Quand à ma fille, je lui dit pas, elle le trouve peut être à taton toute seule : Dieu est dans les règles comme dans la défaite, un gros tricheur bienveillant jusqu'à la prochaine partie, victorieuse si possible , et dans le fairplay c'est mieux. Et son papa de temps en temps dans la légèreté du partage: le jaune est la couleur du coeur, le secteur s'auto-régulera, comme notre société, dans un joyeux chaos organisé...
Acathla
Acathla
...le fait est qu'il y a beaucoup plus d'énervements (euphémisme) dans la partie KS du forum que partout ailleurs (sauf les douves peut être ...et encore...)
Comme quoi KS c'est peut-être bien, mais c'est pas bon pour le coeur 😎

Doc Acathla
khanafallen
khanafallen
Moi j'essaye de me soigner de KS :D (je dis ça mais avec la naissance de ma fille, j'ai zoné sur KS et pledge pas mal de jeu) , j'essaye toujours d'avoir des jeux dans des thèmes ou mécanique que je n'ai pas, ou des éditeurs qui ne m'ont pas déçu. Concernant les jeux kiloplastique j'en prend quelque uns pour la peinture et mon attrait pour les figurines (joueur de warhammer quand j'étais jeune) mais de moins en moins car j'ai de quoi peindre pour 10 ans à mon rythme actuel (comment avec la naissance j'ai encore moins de temps ?? ) il est vrai que la profusion sur KS rend l'offre flou, il faut aller voir des avis et autres. Après je reste un backer conscient que KS n'est pas un magasin:
je peux donner mon opinion/avis mais le créateur en fait ce qu'il veut.
je ne râle pas comme un poux si mon KS arrive après la sortie boutique (je n'ai pas pledge pour ça)
je ne râle pas si il y a 6 mois de délais ( ou plus) car le créateur estime qu'il doit peaufiner ou autre (dans la limite du raisonnable bien sur)
je participe je ne possède pas l'entreprise qui crée le jeu
je sais que je vais me louper et avoir des jeux "moyens" que je ne sortirais que très rarement
je fais attention au joueur potentiel pour jouer avec moi (donc je prend beaucoup de jeux avec du mode solo ^^)

Le problème que j'ai avec KS c'est les backers souvent, sous couvert d'internet et de "j'ai mis de l'argent" ils se croient tout permis, insulte sans cesse, demande toujours plus.

Dernière pierre à l'édifice : j'aimerais qu'on revienne au SG qui améliore la qualité du jeu, le plateau, un néoprène offert, une boite de rangement , etc. Et pas qu'on fasse passer des morceaux déjà prévu dans le jeux en tant que SG pour contenter le backer moyen
khanafallen
khanafallen
PS : Ce qui fait aussi la renommée d'un jeu c'est les prix qu'il reçoit et je trouve dommage que si peu de jeu KS ( bien que 7th continent) soit dans les catégories de jeux primés alors qu'il y a parfois de réelle bonne surprise (par exemple Rise to Nobility qui a été pour moi une très bonne surprise tant au niveau des mécaniques que de la qualité du matériel)
jmguiche
jmguiche
Je suis aussi un peu étonné par le manque de vie sur TT des jeux KS après leur sortie.
Ils ont droit à des fils de discussion à rallonge avant leur sortie. Alors qu'il n'y a pas grand chose à en dire pour un joueur à part spéculer sur un jeu auquel on n'a pas joué , s'extasier ou raler sur la comm de l'éditeur.
Puis, une fois sorti, presque plus rien, quelques retours sur le matériel, pas de retour sur des partie joués, peu d'avis. Il y a bien sur des exceptions, pour des jeux d'exception (7th continent, Scythes, mais ce dernier est sorti de la logique KS).
Des jeux ayant peu de succès commercial ont parfois plus de retours.

Un peu comme si le moteur de tout cela était le désir (de l'objet qu'on attend) mais pas la jouissance (de jouer).
guiom220
guiom220
"un peu comme si le moteur de tout cela était le désir mais pas la jouissance" . C'est une analyse qui me semble très pertinente.
jmguiche
jmguiche
My name is Freud, Sigmund Freud.
anbt
anbt
Kickstarter n’est qu’un outil utilisé par le secteur.

Par contre ce qui est intéressant c’est qu’il permet d’être en prise direct avec certains clients desinhibés qui sous couvert d’un anonymat virtuel se permettent des comportements qu’ils n’assumeraient pas en levant la tête de leurs écrans Ils ont tendances également à ne pas assumer les choix qu’ils ont fait en pledgant et pensent qu’en ayant payé ils peuvent tout se permettre et rejeter leurs propres turpitudes sur les auteurs de jeu.
Nous sommes dans un monde ou assumer, savoir être, savoir penser, être responsable sont des notions qui disparaissent.
fred henry760
fred henry760
Excellent article.
Je me demande si on est pas au final en train d assister au début de la "consolidation", qui verra pas mal d acteurs KS déposer le bilan avant que peut être ne se renforcent ceux qui seront restés.
Altorus a tout dit et on pourrait presque résumer son temoignage en un mot : Saturation.
KS est devenu une partie IRL de Smallworld... c est triste mais en l état il n y a plus suffisemment de place pour tout le monde.
pierolalune
pierolalune
Ouais. Ca fait des années qu'on se demande si le jeu de société moderne va connaître les mêmes problèmes que la BD. Jusque là, ça tient quand même pas mal... Là où le monde du jeu via KS a éclaté en 5-6 ans et a atteint le même seuil de crise. A mes yeux en tous cas.
pierolalune
pierolalune
Et, petite réflexion autour d'un café, j'aurais tendance à penser que le vrai soucis du monde du jeu, à la différence de la BD c'est qu'il y a limite plus de demande que d'offre. Alors, en disant ça au moment où il n'y a jamais eu autant de sorties, c'est un peu con mais je m'explique.

En BD, dans les années 90, il y a eu 3 titres qui ont fait exploser les ventes d'albums. Titeuf, Lanfeust de troy et XIII. Pour simplifier, à elles seules, ces trois séries ont créer une bulle d'augmentation générale des vente de 20 à 25%. Qu'est ce qu'il se passe à partir de là ? Il y a des sous à se faire, beaucoup de nouveaux éditeurs, encore plus d'auteurs, beaucoup de séries (beaucoup beaucoup) qui marchent un peu sur la recette des trois titres cités au dessus et du coup, explosion du nombre de titres, de sorties... 10-15 ans plus tard, les sonnettes d'alarme sont tirées de partout... Il se vend plus de BDs chaque années... Mais moins par exemplaire... En clair, dans les années 90, une série commencait à s'installer avec 20 000 exemplaires et on commençait à parler d'une série à succès. Dans les années 2010, 8000 exemplaires est considéré presque comme un exploit. Du coup, seuls quelques titres (les mêmes depuis 30 ans) cartonnent, plein d'éditeurs restent sur le carreau, les autres se regroupent et les auteurs commencent à vraiment galérer.

Dans le jeu de société moderne, hors KS, on suit un peu la même courbe dans un sens à une différence prêt (à mes yeux), le mode de consommation. Alors, d'une certaine façon, l'offre a clairement explosé, le nombre d'éditeurs et d'auteurs aussi... Mais en fait, les joueurs en demandent plus... toujours plus. Un jeu, pour être crée demande à être joué, playtesté... Pas une BD. Une Bd, on montre une couv', une image. Dans le jeu, les protos tournent sur les salons, se découvrent dans les cafés jeux, chez les potes... Vous sortez d'une partie cool, BIM ! vous voulez le jeu... Pis une fois chez vous... Ben vous le sortez moins puisqu'il y en a encore plein que vous avez pas joué... Pis surtout, il y a ce fameux "nouveau jeu" qui va arriver, qui va tout défoncer et qui sera encore plus mieux bien. Donc toute l'attente qu'un éditeur arrive à générer est incroyablement volatile car le public l'est.

En KS, ça se traduit par un éditeur qui lance un KS alors que les deux derniers n'ont pas été livrés, donc pas joués. Du coup, quand il va finir par sortir, ben les gens sont déjà en attente d'autre chose et du coup... Ben ils vont pas parler du jeu (puisqu'ils y jouent pas), du coup, vont pas le faire découvrir à d'autres et du coup, le jeu va pas s'installer.

Donc, d'une certaine façon (très simplifiée certes), il y a plus de demandes que d'offre.

A mes yeux, le problème de KS dans le jeu c'est qu'il mélange (comme le circuit tradi) différents nivaux de professionnalisme (du Monolith déjà bien préparé au premier KS au jeune auteur qui n'a pas réussi à placer son jeu chez un éditeur et qui préfère du coup le faire tout seul) avec les différences de moyens et de connaissance sur la fab' d'un jeu que ça génère et que, malheureusement, malgré ce que l'on croit, un échec sur KS fait perdre des sous. Souvent beaucoup. Souvent plus qu'une demande de prêt à une banque. Pourquoi ? Parce que pour réussir un KS, faut avancer les sous de la com', des illustrations, des figurinistes etc etc....

Ca soulève d'ailleurs un point que je pensais déjà disparu... Les fameux 100 % très bas pour pouvoir dire "financé en x mn". Ca me surprend toujours de voir des prix de départ à 12 000 euros quand on sait pertinemment que si ça en restait à ce niveaux là, il y aurait une sacré perte sèche d'argent.

Hmmm... voili voilou.. C'était mon petit post "du café" entre deux clopes et deux coups de pinceau numérique. :)
fred henry760
fred henry760
Le probleme qui pourrait arriver c est l explosion des jeux non livrés pour cause de financement trop bas (bien qu au dessus du seuil). Cela génèrerait la même défiance qu'a connu le jeu video sur KS.
pierolalune
pierolalune
Ce qui serait un test intéressant un jour, c'est de prendre un jeu de Bruno Cathala (je prends juste un exemple que tout le monde connait), illustré par un Vincent Dutrait (pareil) avec un jeu calibré à la Kingdomino (bon, grand public, laaAaarge public et que tout le monde qui l'avait essayé à l'état de proto savait que ça allait être un carton). On prend ce jeu et ces gens et on en fait un KS exclusive et on voit. Est ce qu'on peut atteindre les chiffres qu'on peut atteindre en boutique ? Est ce que l'éditeur, les auteurs s'y retrouvent ?

Quand je vois qu'un monumental fait un assez gros chiffre avec "seulement" 5000 contributeurs, je ne peux m'empêcher de penser que ce jeu, en boutique, devrait toucher plus de monde (dans sa version pions car plus abordable). Alors, certes, c'est une prod que l'éditeur doit assumer et payer... Sûrement plus de taff pour le vendre à l'étranger en touchant les différentes filiales etc... Mais je me dis que le potentiel de vente est supérieur.

En fait, j'ai pas de soucis avec KS tant que ça touche des jeux qui ne pourraient être vendus ailleurs à cause de leur matos ou de leur adn un peu hybride (World of yoho par exemple)... Mais je continue de penser que certains jeux ne devraient pas passer par ce système.
jmguiche
jmguiche
Certain KS ont une démarche mixte, lancement sur KS pour financer les coûts fixes puis distribution en boutique (878, the Great War), qui me semble être une démarche intéressante. Cette démarche n'est d'ailleurs pas vraiment nouvelle, c'est le principe des "P500" de GMT.
khanafallen
khanafallen
En effet ça serait interessant, mais BC a tellement de renommée qu'il vaut mieux passer par le circuit classique qui touche un plus large public
Monsieur Guillaume
Monsieur Guillaume
Je relance de 10 pour connaître les raisons qui font que "certains jeux ne devraient pas passer par ce système" et connaître l'instance qui, du coup, donnerait un "permis de KS" ou pas... (et nulle ironie là-dedans, questionnements et possibilité complètement envisageables réellement)
Salmanazar
Salmanazar
La majorité des backers n'en sont pas à leur 1ere participation. Et s'ils se disaient simplement qu'il était temps de dépenser un peu moins pour du (matériel de) jeu qui ne servira pas ou peu.