Monsieur Phal

Desperados of Dice Town : #1

Desperados of Dice Town : #1

En octobre, durant le salon d’Essen, Asmodee organisait une Gaming Night, une soirée où les éditeurs qu’ils distribuent tentaient de séduire des « clients » à l’international avec des projets du futur de 2014. Comme nous sommes très bien introduits, Tric Trac y a laissé trainer un objectif (cliquez ici pour lire un « papier » sur la chose). Du coup, nous avons repéré quelques « bricoles », et l’une d’elles était sur la table de Matagot (qui est distribué en France par millennium mais pour le reste du monde par Asmodee). Une petite nouveauté qui nous a fait de l’œil…

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Monsieur Hicham durant l'Asmodee Gaming Nigth d'Essen 2013

Le matériel.

C’est d’abord le matériel, pourtant sous la forme de prototype, qui a attiré mon regard. De simple rond de papier posé devant les joueurs, des dés, quelques cartes et des jetons de Poker. Mince. Un « Skulls » avec des dés ? Mmmmm… Forcément, je me suis approché pour en savoir plus. Mais qu’est-ce que donc que c’est…

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Desperados of Dice Town.

Même si les éléments principaux ressemblent à des sous-bocks, le jeu n’a absolument rien à voir avec « Skulls ». Même s’il y a des jetons de Poker, cela n’a absolument rien à voir avec un jeu de bluff. Rien. Définitivement rien. « Desperados of Dice Town » qui va forcément se faire appeler « Desperados » tout court, est un jeu de Bruno Cathala et Ludovic Maublanc, les deux complices de « Dice Town ». Et si « Desperados of Dice Town » se déroule dans le même univers que « Dice Town », il ne s’agit absolument pas du même jeu, même pas en version light, ni même d’une suite, ou d’une extension. Non. Cela n’a tout simplement rien à voir, si ce ne sont les auteurs, l’illustrateur, l’éditeur et le thème. Ce qui est pas mal. Il est vrai. Et ce qui suffit comme explication sur les raisons qui font que le jeu se nomme « Desperado if Dice Town » et non « Desperados of Cyclade » puisque l’illustrateur n’est pas le même. Eh oui.

Mon gang.

L’idée globale est la suivante, vous êtes le chef d’un gang de 5 Desperados et tous vos hommes sont en prison. Mince. Vous allez donc devoir organiser leur évasion. Une fois dehors, et tant qu’il vous reste des hommes derrière les barreaux, vos « bandits » vous pouvoir nuire. Oui. Vous allez vous en prendre à l’argent amassé par les autres joueurs. Yark yark. Voici comment cela se passe…

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Mise en place.

Le nerf de la guerre est l’argent, quoi d’autre intéresserait des bandits, donc vous allez commencer la partie avec 50$. Une fortune pour l’époque.

Chaque joueur va avoir un set de cartes rondes, ses Desperados, qu’il va placer devant lui, côté « prison ». Sur cette face, les cartes possèdent des « crans » représentant la difficulté pour les faire évader. En tout début de partie, vous mettez le cran maximal de chaque personnage vers le haut. Le détail qui a son importance est le suivant : chaque gang est composé d’un Fourbe, d’une Brute, d’un Truand, d’une Bad Girl et d’un Boss. Ces archétypes sont représentés par des symboles. Symboles que l’on va retrouver sur les dés que l’on va lancer. Car il s’agit avant tout d’un jeu de dés. En tout début de partie, histoire de donner une impulsion différente, on va modifier la position initiale de ses brigands en lançant les 4 dés. Les dés possèdent 1 face « action » et 5 faces « personnages ». Comme vous êtes malin, vous avez deviné qu’il y a un symbole par face, donc une face par archétype…

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Je vous passe les détails de cette réglounette d’installation, mais sachez juste que certains de vos personnages auront déjà fait un pas vers l’évasion en début de partie.

Chaque fois que vous ferez un pas vers la libération, vous tournerez la carte d’un « cran ». Arrivé à « 1 », le prochain mouvement vous libérera et vous placerez alors la carte du côté « évadés », ce qui fera apparaître alors la capacité de nuisance du Desperados… Yark Yark.

Le tour de jeu.

À son tour, le joueur actif va lancer les 4 dés. De manière classique, vous allez pouvoir faire de 1 à 3 lancées afin d’essayer d’obtenir la combinaison qui vous convient. Vous pourrez relancer tout ou une partie des dés. Nous sommes donc dans de la tactique de stratégie du hasard du dé légèrement contrôlé avec de l’opportunisme dedans.

Une fois vos lancés effectués, on passe aux effets, car sinon cela ne sert à rien de se casser la tête, autant aller boire une bonne bière avec modération pendant que son cheval récupère à l’écurie.

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Là, vous avez normalement obtenu une combinaison de symboles, et c’est avec ça que vous allez faire agir vos Desperados et/ou piocher des cartes « Wild West », cartes qui pimentent les parties, car que serait l’Ouest Sauvage sans piment. Une fois fait, c’est au joueur suivant de lancer les 4 dés… Et ainsi de suite.

Vu comme cela, rien de palpitant. Alors je vais vous expliquer les deux ou trois bricoles qui rendent le jeu fin, subtil et fourbe !

Faire agir ses Desperados.

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Pour « jouer » l’un de vos bandits, il faut que l’un des dés soit sur une face correspondant à son symbole. Une seule suffit. Mais ce n’est pas suffisant, il faut aussi affecter des faces « Action ». Vos personnages peuvent être soit en prison, soit libérés. Quand ils sont en prison, ils ne peuvent pas vraiment agir. La seule chose possible, c’est de les rapprocher de la sortie. Donc, pour chaque « Action » que vous affectez au dé personnage, vous allez tourner votre carte Desperados d’un cran vers la sortie. Et s’il se libère, il va pouvoir nuire. Il va même pouvoir nuire tout de suite si vous lui affectez suffisamment d’actions.

Mais comment nuire ?

Quand un Desperados est du côté libre, il vole de l’argent à tous les joueurs qui ont le même Despérados encore en prison. Sur la face « évadé », il y a sa capacité de nuisance composée comme suit : un nombre de symboles « Action » et un chiffre. Par exemple, la Bad Girl volera 5$ choix pour 1 symbole, 10$ pour 2 symboles et 15$ pour 3 symboles chez tous les joueurs qui ont encore leur Bad Girl en prison.

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Là, si vous êtes malin et je n’en doute pas, vous commencez à comprendre l’intérêt de libérer tel ou tel Desperados, de surveille qui fait quoi de comment et de pourquoi il faut relancer vos dès ou pas… Malin vous êtes.

Comment super nuire ?

Dans chaque set de Desperados, il y a un Fourbe. Lui, il est un peu spécial. Il n’attaque pas tout à fait comme les autres. Parce qu’il est fourbe. Et dans chaque set, le pouvoir du Desperados Fourbe est différent. Par exemple, dans le Gang Maveriks, Wilson – qui est le Fourbe – piochera des cartes « Wild West » au lieu de voler des $. Et croyez-moi, c’est fort ! Dans le Gang Oleson, ce brave Uncle Pat’ – qui est le Fourbe – permettra d’accélérer la libération de ses camarades. Et croyez-moi, c’est fort !

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Là, si vous êtes malin et je n’en doute pas, vous commencez à comprendre les combos qui peuvent se mettre en place, les enchainements et la subtile sensation de ne pas jouer systématiquement la même partie en changeant de Gang, d’angle, etc.

Les cartes Wild West.

À un moment, dans ce descriptif, j’ai évoqué des cartes spéciales, j’ai parlé de « piocher des cartes » et de « cartes Wild West ». Ce sont des cartes de format classique. Carrée. L’idée, c’est que ces cartes vont apporter des rebondissements, des surprises. Vous allez en piocher sous certaines conditions. Si vous faites un brelan, un carré ou si vous êtes victime d’une « misère ».

  • Si vous faites 3 faces identiques aux dés, vous allez pouvoir, au lieu de faire agir vos desperados, piocher 3 cartes « Wild West », en choisir une que vous rajoutez à votre main et vous placer les 2 restantes dans la défausse.
  • Si vous faites 4 faces identiques aux dés vous allez pouvoir, au lieu de faire agir vos desperados, piocher 4 cartes, en choisir 2 que vous rajoutez à votre main et vous placez les 2 restantes dans la défausse.
  • Si vous faites une « misère », c’est à dire rien, pas d’action, pas de brelan, pas de carré… Bref, si vous êtes maudit du dé, vous pouvez toujours piocher 1 carte. C’est mieux que rien.

Mais que font ces cartes ?

Leurs effets sont aussi divers que variés. La chose est écrite dessus. Simplement. Clairement. Comme le moment où elles peuvent être jouées. On peut en jouer tant qu’on veut à son tour, sauf quand on vient de la piocher. Ces cartes apportent le petit plus stratégique à base de menaces de basses vengeances et autres entourloupes. Elles permettent de relancer des dés, d’avancer des libérations de récupérer des $, de faire payer le double de ce que les autres devaient payer, de faire relancer un dé à un joueur… et bien sûr d’annuler l’effet d’une carte d’un joueur, qui peut lui-même annuler l’annulation s’il a la même carte…

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Oui, mais comment je gagne ?

Déjà, lorsqu’un joueur n’a plus de $, il est éliminé. Lui ne pourra pas prétendre à la victoire. Paf. C’est fait. La partie prend fin lorsque tous les joueurs sont éliminés sauf 1, ce qui est rare. Ce dernier joueur est, forcément, déclaré « Grand Vainqueur ». Sinon, dés qu’un joueur a libéré tous ces Desperados, il regarde s’il est le plus riche. Si c’est le cas, il est déclaré instantanément « Grand Vainqueur ». S’il n’est pas le plus riche, la partie continue jusqu’à ce qu’il devienne le plus riche (en volant ses adversaires ou en leur faisant perdre de l’argent). S’il y arrive, il est déclaré « Grand Vainqueur ». Le souci, c’est que si un autre joueur arrive à libérer tous ces Desperados et qu’à ce moment-là il est le plus riche, c’est l’autre qui sera déclaré « Grand Vainqueur ».

Alors, c’est comment ?

DefaultEt bien le jeu est simple et fluide. Rapide et vif. C’est un petit jeu avec de la fourberie, de l’optimisation, de l’opportunisme et du hasard dedans puisqu’il y a des dés et des cartes. Les parties sont courtes, les tours rapides, donc la part énervante du bon jet de dés au bon moment est lissée par le fait que vous allez enchainer les parties. Parce que c’est rigolo. Oui. C’est rigolo de taper sur tout le monde en même temps. Et puis, en réfléchissant bien, en optimisant votre stratégie, vous aurez plus de victoires que si vous ne réfléchissez pas et n’optimisez pas. Je ne dis pas ça parce que j’ai gagné les deux parties d’affilé que nous avons faites à l’officine, parties gagnées grâce à mon super sens de l’optimisation des dés et non parce que mes adversaires étaient mauvais. Non. Du tout. Les autres ont hurlé que j’avais les bonnes cartes, mais j’ai été les chercher ces bonnes cartes, moi. Oui. Que j’avais le bon pouvoir, mais j’ai joué avec 2 gangs différents, moi. Que j’avais fait que des bons dés, mais il y en a que 4 des dés, et je les ai lancé 3 fois, comme tout le monde, moi…

Bref, ça va couiner, mais vous aurez vous la sensation d’avoir bien joué. Et c’est ça qui compte. Prendre du plaisir à 5 joueurs en moins de 30 minutes, avec du rebondissement et du couinage. Rien de mieux.

Un très bon petit jeu du Duo Cathala / Maublanc. Le genre tendance du moment qui fait du bien quand on est fatigué de pousser du cube en bois durant 90 minutes, quand on n’en peut plus d’attendre 15 minutes que le tour revienne à soi. C’est bien simple, le Docteur Mops et moi, nous approuvons. Oui. Dés que nous l’avons vu, dès que nous avons joué, on s’est dit « Rhooo, celui-là on va bien le suivre comme pour Les bâtisseurs », sauf que là, il arrive bientôt. Très bientôt. Alors du coup c’est un suivi rapide, court. Le prochain article sera signé par Monsieur Pierô qui prépare un papier sur le travail d’illustration. Puis il y aura une Tric Trac TV. Forcément. On aimerait bien que Monsieur Ludovic vienne. Un jour. Oui. Cela nous ferait plaisir. Assurément.

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Bientôt un article de Monsieur Pierô sur le travail d'illustration...

Quand de combien ?

Le jeu sortira sur les étals en mars 2014. Il sera donc présenté durant le festival des jeux de Cannes qui commence le 28 février. Vous pourrez y croiser les auteurs et l’illustrateur. Son prix sera de moins de 20€ ! Oui. Voilà qui va contribuer au succès. Parce que quand on connaît l’affection qu’on les joueurs pour « Dice Town », on se dit que forcément, cette petite boite va les attirer…


Default« Desperados of Dice Town »
Un jeu de Bruno Cathala, Ludovic Maublanc
Illustré par Pierô
Publié chez Matagot
2 à 4 joueurs
à partir de 8 ans
Langue des règles: France
Durée: 25 minutes
Prix: 20 €
Sortie prévue : Mars 2014


NdlR : ► pour lire le papier sur la Gaming Night d'Essen, cliquez là !

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Commentaires (22)

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Homnibus
Homnibus

ça donne envie!

tombrady69
tombrady69

Testé aujourd hui le proto en boutique ä Lyon avec Mr Cathala en personne, je passais acheter le petit prince ,et suis tombé nez à nez avec messieurs Cathala et Bauza ! Cétait , comment dire , suréaliste .

Bref Desperados , monstrueux , énorme, fabuleux, jouissif . Voir mon avis sur la fiche du jeu .

Comment je vais faire pour tenir un mois, Mr Cathala m a dit pas avant mi mars en boutique .

Merci mr Cathala pour ce moment sympa et désolé pour le vouvoiement , mais j étais vraiment impressionné et je le suis toujours d ailleurs .

Peut etre a un de ces quatres du coté de la roche sur foron !

Au fait , Le petit prince est juste féerique , ludique et beau . Mais ça , c est une autre histoire !

pan bagnat
pan bagnat

Cela sent le même coup que l'année dernière à Cannes avec Bruno Cathala et le petit prince.
Faudra arriver tôt pour en avoir un exemplaire?

Maurice la Grammaire

Eh bien nous voilà avec Bang ! Dés et Desperados of Dice Town au même moment... Je prends lequel, alors ? (Interdiction de répondre : les deeeeuux !)

yomab72
yomab72

Bah, oui, faut attendre l'extension!

FlashMcQueen
FlashMcQueen

En tant que Dice Town addict ! j"approved" aussi :)

2 à 4 ou 5 joueurs ?

Kerquist
Kerquist

Le Dieu du vice et son prophète invisible ont encore frappé.

Pour le plus grand plaisir des simples mortels.

yomab72
yomab72

Je le veux! Vive Cathamatapiéblanc!

C'est pile poil le genre de jeu que je recherche en ce moment.

darkgregius
darkgregius

Aura t-on droit un des petits clins d'oeil à Dice Town malgré cette volonté de le présenter comme un jeu différent?