Critique de 8bit box

[8Bit Box][Boss Monster][Loony Quest][Melee]


À plusieurs reprises le jeu de société a tenté un rapprochement avec le jeu vidéo. Ce fut le cas avec Loony Quest et sa mécanique très proche de l’exploration de monde et de la collecte de bonus, ou encore avec Epix ou Boss Monster et leurs styles graphiques très proches des jeux 16 bits. Ici, le délire est différent. Au-delà de l’aspect graphique, ce sont directement les 3 jeux proposés dans la box qui sont inspirés des jeux vidéo. Et cela ne s’arrête pas là, car tout le packaging est pensé de la sorte. Comme si ce jeu de société était une vraie console de jeux. Une approche originale que je m’en vais vous décortiquer.


Principe et matériel générique


8Bit Box est proposé dans une grosse boite blanche, elle-même sertie d’un fourreau. À l’intérieur ce sont 3 boites de jeux, proches du format des jeux SNES qui vous attendent, ainsi que 6 manettes de jeu en couleurs. En dessous d’elles, vous trouverez des cubes blancs et d’autres aux couleurs des manettes ainsi que des dés. Le tout est bien entendu proposé comme une « fausse » console de jeux, avec les recommandations qui vont bien, les schémas, les cartouches, sans oublier tous ces aspects graphiques qui appuient cette direction artistique avec une imitation de bouton de marche/arrêt ou de tout autre élément d’une vraie console. Ici, les designers se sont déchirés et sont allés au bout de leurs idées, c’est original, amusant et surtout très bien fait. Le reste du matériel reste de très bonne facture, même si certains éléments restent assez fins, notamment les tuiles. On comprend ici que des coupes on été faites afin de proposer le jeu a un prix raisonnable, proche des 35€. Mais devant la profusion de matériel proposé, réalisé un jeu à ce prix est vraiment une réussite productive. C’est ce parti-pris graphique et de design qui à mes yeux constitue le plus gros point fort de 8Bit Box. D’ailleurs, cela pose un débat : fallait-il proposer des illustrés pixellisés pour rester dans le délire jusqu’au bout ou non ? L’éditeur a tranché, sûrement pour toucher un plus large public, mais la question d’un point de vue cohérence reste posée.


Stadium


Ici, vous allez jouer en 2 équipes, les rouges contre les bleus. Le but étant d’obtenir le plus de points en remportant le plus de médailles possibles. Dorées si possible les médailles. Pour cela, vous allez devoir participer à différentes disciplines olympiques, qui vous demanderont de miser de l’énergie pour être remporté ou bien de vous en remettre au hasard du dé. C’est ainsi que se succèderont parcours de golf, lancée de poids et Taekwondo, entre autres je vous laisse la surprise de la découverte. Chaque joueur ayant une énergie limitée qui devra être utilisée sur l’ensemble des épreuves. À vous donc de jauger et de gérer votre réserve.


Stadium s’inspire de la série des Track & Filed, qui en leur temps ont détruit de nombreuses manettes. L’idée de base est là, dans une succession d’épreuves sportives, simples qui ne demandent que peu d’investissements cognitifs. Mais voilà ça reste cependant un peu trop léger, et le hasard est tout de même assez présent, même si les épreuves parviennent bien à se renouveler. La première partie est peut-être d’ailleurs la plus compliquée, car il faut à chaque épreuve s’arrêter afin de prendre connaissance des règles, ce qui freine pas mal la partie. De plus, il faudra vraiment être dans un esprit de compétition pour profiter du jeu, car l’ambiance n’est pas forcément de mise face à ces challenges justement un peu trop rapide pour qu’on les prenne au sérieux. L’idéal sera donc d’y jouer à 6, afin de maximiser les équipes. Au niveau du public, les enfants pourront y jouer sans mal, car ça reste très simple, d’ailleurs en famille ça passe très bien, entre amis aussi surtout si ces derniers ont connus l’époque des consoles aujourd’hui rétro. Rien n’empêche d’ailleurs de retirer des épreuves pour écourter les parties, les parties faisant 40 minutes. Surtout, que la durée de vie ne sera pas forcément énorme sur Stadium. Par contre vous devrez être 4 ou 6 joueurs pour y jouer ce qui est assez restrictif. Un mot sur le matériel qui ici fait son travail sans plus, les icônes restent lisibles, mais les tuiles sont assez fines. Enfin le style graphique est assez passe-partout. Un jeu apéro car simple et diversifié mais pas assez profond à mes yeux.

Pixoïd


Celui-ci est directement inspiré de Pacman. L’un des joueurs va jouer notre héros, tandis que les autres joueurs vont incarner les monstres qui le poursuivent. À votre tour de jeu, vous pourrez indiquer secrètement la direction que vous désirez prendre et le nombre de marques sur lesquelles vous allez pouvoir avancer, à l’aide de votre manette. Puis chacun révèle son choix. Le joueur seul commence, puis les autres effectuent leurs actions. Il y a donc une grosse part d’anticipation. Le but pour le joueur unique étant de survivre un certain nombre de tours et pour les autres de l’attraper avant la fin du temps imparti. Le jeu est jouable à 3 et 4 joueurs, à partir de 6 ans, pour des parties de 15 minutes. Ce qui fait de lui le jeu le plus accessible aussi bien en termes d’âge que de temps.


Je pense que tous les créateurs qui se sont un jour essayés à créer un jeu de labyrinthe ont pensé à cette idée de chat et de la souris. Ici, elle a pris vie pour nous proposer un jeu simple, certes, assez dynamique grâce aux tours simultanée, mais au final assez plan-plan. Les tours se ressemblent et finissent par être frustrant. Certes, avec de l’anticipation, on parvient à attraper son adversaire et lui parvient souvent à nous échapper dans ce jeu asymétrique, mais ça ne suffit pas vraiment pour rendre le jeu hyper attrayant, car les tours sont très semblables. Dans mon cercle de joueurs, si les adultes n’ont pas forcément adhéré, les enfants par contre ont bien aimé. Cela, voudrait-il dire que je suis devenu trop vieux ? Je n'espère pas ! Dans tous les cas, le jeu est hyper accessible pour un très large public. Un jeu qui reste original par son asymétrie et simple à prendre en main, mais qui je pense ne ressortira pas régulièrement, et cela malgré la présence de plateaux réversibles qui boostent la durée de vie en proposant divers parcours. Le thème est bien rendu par contre aucun doute là-dessus.


Outspeed


Si vous avez eu une Super Nintendo autrefois, vous reconnaîtrez facilement en Outspeed, l’influence de F-Zero. Sans oublier Star Wars Episode I, avec ses courses de Pod racers. Dans ce jeu, vous allez diriger un vaisseau dans une course effrénée. Le but franchir les obstacles en évitant les projectiles adverses. À l’aide de la manette vous devrez indiquer les directions voulues pour vous déplacer dans ce canyon qui sert de course, représenté par des tuiles qui changent. Mais gardez un œil sur votre carburant et sur les bonus qui jonchent le parcours. Les tours se jouent dans ce sens : les joueurs qui le décident, jouent face cachée l’un de leurs bonus, avant de tous les révéler et les résoudre en même temps. Puis vient le tour de la programmation qui se fait à l’aide des manettes pour choisir la direction, qui là encore seront révélés tous en même temps et résolus selon les informations de la tuile Course. Si vous tombez en rade de fioul, c’est l’élimination qui vous attend. De même que le plateau le plus en arrière est retiré, éliminant les derniers en lice s’il y en a. Enfin, on tire une nouvelle tuile, et ainsi de suite jusqu’à tirer la tuile Fin de course. La partie pouvant prendre fin de 3 manières : lors de la révélation de la tuile Fin de course, s’il ne reste plus qu’un joueur en course ou si tous les joueurs sont éliminés (où personne ne gagne).


Il y a pas mal de matériel dans cette boite, entre les vaisseaux, les tuiles, des plateaux et des jetons. Par contre les vaisseaux sont assez fragiles, surtout à dépuncher. Graphiquement, on reste dans l’idée du design général de 8Bit Box, même si je trouve qu’Outspeed est peut-être le jeu qui possède le plus grand soin graphique et la meilleure immersion par rapport à son thème. Le thème et les sensations sont bien rendus, nous sommes devant un jeu de course proposant de multiples choix tout en n’oubliant pas d’être infâmes avec les autres. Accessible mais aussi assez léger, il conviendra à un large public, de 3 à 6 joueurs, à partir de 8 ans, pour des parties de 30 minutes. Cependant, Outspeed est intéressant et je verrais bien plusieurs extensions sortir pour proposer d’autres tracés, pouvoirs et vaisseaux. Un jeu qui possède un beau potentiel, mais dont on a l’impression qu’il fut réduit dans ses ambitions, pour tenir dans la boite de 8Bit Box et rester assez cohérent avec ses camarades. Un jeu sympa, mais un peu trop léger en l’état.


La conclusion


Cela va être difficile de conclure cette critique, je vous l’avoue. On a pu me reprocher par le passé d’être trop condescendant, de toujours trouver les jeux bons. Ce qui n’était pas vrai, car en règle générale je reste le plus honnête qui soit, et je ne cache pas les défauts lorsque je les vois. Pour les jeux que je n’ai vraiment pas aimé, en règle général je n’en parle tout simplement pas, je ne vois pas l’intérêt de le faire, je n’ai pas envie d’écrire pour déverser une bile nauséabonde sur une création. Car oui, lorsque je rédige une critique, j’essaie toujours de garder à l’esprit la phase créative, je tente de deviner l’intention de l’auteur derrière son jeu et de ne pas oublier le travail éditorial que cela représente. Et ici pour 8Bit Box c’est exactement de cela qu’il s’agit. Je veux garder à l’esprit l’idée, l’originalité du projet, la très grande qualité du design qui est tout simplement génial, sans oublier la performance de proposer 3 jeux (et plus à venir) avec le même matériel générique (ou presque), mais voilà, je ne peux pas cacher ses défauts. 8Bit Box propose malheureusement des jeux trop légers, qui sont sympa comme expérience, mais qui ne resteront pas dans le temps. La faute à une restriction créative, je pense, mais voilà les faits sont là, et le jeu bien que très beau ne restera pas dans les esprits en tant que jeu, car les expériences proposées sont trop oubliables, même si Outspeed est un jeu très sympa, Pixoïd s’essouffle assez vite et Stadium reste assez lourd avec ses règles multiples et un jeu que l’on ne ressortira pas régulièrement. C’est aussi le risque lorsqu’on propose un jeu original (le coup des manettes est vraiment bien trouvé), et je pense que cette première série de jeux essuie les plâtres et que les suivants seront pensés en fonction des retours sur cette première boite. Les multiples configurations des jeux, qui ne sont pas toutes les mêmes, pourront désarçonner, je pense à Stadium avec ses 4 ou 6 joueurs, même si cela permet de proposer plusieurs titres et expériences différentes. De même pour le temps des parties. On sent l’intention à tous les niveaux, de proposer des expériences multiples, très diversifiées, mais à trop se disperser, on en oublie parfois l’objectif ou l’essentiel. Si le délire rétro vous intéresse, comme moi, foncez, testez-le, vous allez adorer le concept. Mais si cela vous laisse de marbre, vous aurez sûrement du mal à accrocher aux jeux. Cela reste malgré tout une belle performance à plusieurs niveaux. Un jeu à qui laisser sa chance, surtout pour les plus curieux.

2 « J'aime »

A part la belle patte graphique des boites de jeu, sinon je passe complètement à côté de celui ci. Une proposition ludique pauvre, basée sur des mecaniques simplistes dont le côté aléatoire est assez repoussant.
On ressent énormément le fait que les 3 jeux ont été “réduits” physiquement et ludiquement pour rentrer dans cette boite de 8 bits, c’est fort dommage, l’idée était là, mais déjà que la retranscription des jeux vidéos en jeux de société c’est délicat, alors en plus faire du jeu de course (2) et un jeu de sport, c’est presque se lancer une manette de playstation 1 dans le nez.
Le gameplay est mou voir parfois inexistant, le matériel est cheap est peu vendeur, le prix est juste correcte, pour des jeux qui n’ont peu ou même pas de profondeur.
Moi personnellement j’attend mieux de Iello qui semble plus à l’aise actuellement avec le choix de ses localisations (Detective prochainement, Codenames…), que pour la création de jeux.

1 « J'aime »

Bonjour, critique très intéressante, mais je pense que dans la conclusion, tu voulais dire trop complaisant, et pas trop condescendant. Parce que condescendant ça voudrait pas dire que tu aimes tous les jeux ^^"

En fait on me la reproché par le passé, et le but c’était de bien faire passer mes impressions tout en n’oubliant pas les aspects qui me plaisent et ce qui cloche selon moi. Pas simple.

J’étais vraiment attiré par le thème et le principe donc je voulais vraiment y jouer, c’était une bonne idée de base et un beau pari. Pour le reste je le dis dans ma critique.