Critique d’Androïd : mainframe

Critique d’Androïd : mainframe
arthelius

 

On a tendance à l’oublier, mais Androïd est une licence de jeu chez Edge. Il est donc logique de trouver des jeux estampillés de ce nom, même si celui-ci n’est pas en lieu direct avec le jeu initial. Ici nous sommes devant un jeu de placement et de conquête de territoires, loin des cartes. Mais il est temps de voir ce qu’il en est vraiment à l’intérieur de la matrice.

 

Briser le code

 

Mainframe vous propose d’incarner un hacker, qui s’introduit dans le réseau pour sa propre gloire. Et pour parvenir à ce statut d’icône informatique, vous allez devoir créer et vous introduire dans les réseaux en contrôlant les nœuds.  Chaque personnage dispose de cartes uniques, tandis qu’à votre tour de jeu vous pourrez : jouer un programme générique parmi les 4 disposé sur la table, poser un point d’accès (un pion à votre effigie face visage) sur le plateau en défaussant une carte de programme générique, ou enfin jouer un de vos programmes uniques. Votre but étant de « conquérir » le maximum de zones fermées avec à l’intérieur le maximum de vos jetons. Sachant qu’à la fin chaque jeton dans sa zone fermée, rapportera autant de points qu’il y a de nœuds (des emplacements). Pour fermer ces zones, vous utiliserez des barrières en plastique, qu’il sera possible de contester tout au long de la partie, du moment que celles-ci ne sont pas fermées avec un joueur à l’intérieur (mais autant de jetons qu’il le souhaite). Bien entendu tout ceci est régi par des règles de pose. Voici un rapide aperçu qui permet de vous rendre compte que nous sommes devant un jeu de conquête de territoire et de réflexion.

 

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Dans le réseau, enfin la boite

 

Le matériel reste assez simple : une règle, des cartes pour chaque personnage, des cartes de programmes génériques, des jetons à l’effigie des personnages, des petites barrières en plastique et un plateau séparé en 4 morceaux. Graphiquement tout se tient parfaitement, c’est très bien réalisé et ça colle au thème, par contre les barrières ne sont pas toujours simples à enficher entre les cales sur le plateau. Rien de bien méchant, mais parfois ça énerve. Autre point dommageable le manque de sachet pour séparer les jetons, car comme souvent avec les jeux Edge, le thermoformage se limite à une cale en carton que l’on aura vite fait de retirer. En dehors de cela le travail d’édition est bien présent.

 

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Androïd un jour, androïd toujours

 

Autant aborder d’emblée un point qui m’a gêné. Le fait que le jeu par souci de coller à l’univers de base, s’est cru obligé de coller des termes reprit de l’informatique à tout bout de champs, au point que cela embrouille les règles, ne facilitant pas leur compréhension. Je me doute que cela a été fait pour coller au thème et mettre en avant ce dernier, car celui-ci ne transpire que très peu dans le jeu, mais lorsque cela opacifie les règles, c’est presque dommageable. Tant que j’en suis aux choses qui fâchent, le thème n’est présent que par l’aspect visuel (et encore), donc n’espérez pas retrouver une expérience informatique riche. Ici ce sont les mécaniques qui priment, et ce n’est pas plus mal, sauf si vous jouez au jeu pour son thème.

Pour ma part j’ai testé le jeu dans toutes ses configurations, et ma préférée reste celle à 4 joueurs, plus dense, longue et retorse. Car oui le jeu est retors et vous demandera clairement de faire suer vos adversaires à longueur de temps. Vous voici prévenu. A 2 joueurs, ça reste assez plan-plan, pas déplaisant, mais classique et avec un certain manque de saveurs. Surtout qu’en proposant des personnages aux pouvoirs uniques, certains semblent plus puissants ou du moins intéressants que d’autres. Même si cela a pour but de rallonger la durée de vie. Le plus compliqué en dehors du fait que les autres joueurs feront tout pour vous mettre des bâtons dans les roues, est le fait de parvenir à bien se souvenir des restrictions de poses, qui bien que pas compliquées devront être vérifiées plusieurs fois, notamment lors des premières parties.

 

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Ça c’est un bon androïd mouth

 

Ne me demandez pas pourquoi j’ai titré ce paragraphe ainsi, ça m’est venu d’un coup. Mainframe s’adresse avant tout à un public de joueurs aimant les jeux de stratégie et de conquête, pas forcément le même public que le jeu de base. Qui ici pourrait être attiré par la licence, mais risquerait d’être déçu ensuite. Si vous faites partie des joueurs qui aiment se casser la tête : tentez l’aventure, et ne vous laissez pas désabuser par la lecture des règles emplies de termes tirés de l’informatique. Il faut se lancer dans l’aventure pour comprendre le cœur du jeu, et ce qu’il a à vous offrir. Car Mainframe cache bien son jeu et recèle quelques bonnes parties qui vous retourneront la tête et vous feront rager. Car vous allez devoir supporter des adversaires qui ne feront que défaire ce que vous venez de faire. Parfois c’est rageant.

 

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Avec son thème atypique et ses règles pas forcément simples les premières fois, Mainframe ne sera pas forcément à mettre entre toutes les mains, et je parle aussi bien des novices que des enfants. Il sera aussi difficile de le sortir en soirée, car ce n’est pas l’ambiance qui prime chez lui. Non il doit se déguster avec des personnes qui recherchent le challenge, qui aime taquiner les autres et tirer le meilleur profit d’une situation. Ce sont dans ces conditions que le jeu pourra donner toute sa saveur, malgré un thème mal employé ou tout simplement trop peu exploité, car trop abstrait en fin de compte et de niche.

 

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Rentrer dans la matrice

 

Androïd Mainframe, n’est pas un mauvais jeu loin de là, mais il demande à être apprivoisé, et au joueur d’être prêt à se lancer dans l’expérience froide qu’il propose. Malheureusement, les joueurs qui connaissent cette licence pourront être déçus de la forme qu’elle prend ici, pourtant c’est un jeu intéressant. Quant aux autres le thème pourra les refroidir, pourtant rien ne remplace un essai pour être conquis (ou non d’ailleurs). Nous sommes en présence d’un jeu abstrait qui se sert de sa licence pour attirer, mais arrivera-t-il à atteindre son but ? Seuls les joueurs seront en mesure de répondre à cette question …

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Commentaires (6)

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MonsieurChibre
MonsieurChibre
Pour ma part, je me suis passé des termes informatiques pour expliquer les règles à mes comparses de table et tout de suite ça passe mieux. D'ailleurs, se passer des cartes uniques des personnages pour aborder le jeu et comprendre les mécaniques de placement me parait indiqué au début.

Testé à 2, 3 et 4 joueurs ; le jeu révèle son intérêt véritable à partir de 3 je trouve.
7Tigers
7Tigers
Faux: il est plus intéressant que Bauhaus!
Graou
Graou
OK, et en quoi? Car là, comme ça, je ne vois pas.
Robin D.
Robin D.
Oui apparemment il y a plus de cartes spéciales , mais bon Bauhaus a déjà tout pris de la mecanique de Deluxe Camping. Dans ce style j'aime bien Fendo, qui au final reviens à l'essentiel de la mécanique.
Graou
Graou
En fait, c'est une réédition de Bauhaus, avec un thème plaqué. Je préfère garder l'original. Le graphisme sied mieux au jeu.
arthelius
arthelius
ah merci pour l'info je ne le savais pas du tout ! ça explique pas mal de choses en effet.