Chosŏn ? C'est très Koryŏ !

[Chosŏn][Koryŏ]

L’année passée, Moonster Games avait secoué la communauté ludique en publiant « Koryŏ », un jeu coréen de monsieur Gary Kim. Secoué, non pas pour l’originalité de la chose mais l’élégance de cette création qui reprend pourtant des fondamentaux du jeu de majorité. Seulement voilà, même si les ingrédients sont connus, le talent réside souvent dans leur dosage et leur répartition. Cette petite cuisine ludique qui fait le talent des auteurs nous avait donné ici un jeu astucieux avec une ambiance particulièrement tendue et au final délicieusement méchante.

Le succès fut au rendez-vous et c’est donc assez naturellement que nous avons appris que Gary Kim remettait le couvert, enfin les baguettes, avec un nouveau jeu du nom de « Chosŏn ». Vu de loin c’est vraiment le même look et le même univers. Alors qu’est-ce donc ? Un tartinage suite au succès ? Pas vraiment. Gary Kim, visiblement satisfait de sa mécanique centrale (et nous pouvons le comprendre), n’avait pas encore tout dit dans son précédent jeu.

« Chosŏn » est en réalité non pas une suite mais une variation sur thème de son prédécesseur. Les joueurs connaissant déjà « Koryŏ » ne seront donc absolument pas dépaysés comme le laisse entendre les similitudes éditoriales. On retrouve ici le même moteur central qui est de se rendre maître de majorités de familles de personnages pour terminer par être celui qui possède le plus d’Influence en fin de partie.

Ben sûr ce n’est pas si simple et une des raisons principales est que les cartes représentent à la fois les points d’influence qui apportent la victoire mais aussi des pouvoirs qui permettent de les acquérir ou mettre des bâtons dans les roues de ses concurrents. Et bien entendu, plus le pouvoir est important moins la famille rapporte d’influence en fin de partie. Il faudra donc que les joueurs jonglent entre la maitrise du jeu avec des cartes puissantes mais peu rentables et l’atteinte de l’objectif final avec des cartes rentables mais très vulnérables.

Tout le travail de Gary Kim est de jouer subtilement avec l’ambigüité. Une qualité que l’on retrouve dans différents aspects du jeu puisque même dans la progression de celui-ci les joueurs auront plein de cartes à disposition en début de partie mais ne pourront en conserver que très peu. Au fur et à mesure du jeu, cette tendance s’inversera avec de moins en moins de cartes piochées mais le droit d’en conserver de plus en plus.

Les joueurs éprouveront donc vraiment très sensiblement le rythme du jeu et devront orienter leurs choix différemment suivant qu’ils sont en début ou en fin de partie.

De ce qui est pareil ou pas

Niveau similitudes, nous retrouvons le principe essentiel qui est d’être celle ou celui qui possède le plus d’influence en fin de partie avec comme gain essentiel de posséder les familles les plus rentables en majorités.

On retrouve donc les petits costauds très utiles en peu d’exemplaires mais qui ne rapportent pas grand chose en fin de partie et les gros rentables incapables de faire quoi que ce soit d’autre que d’offrir leur influence à la fin. Comme dans le jeu précédent les points d’Influence accordés s’étalent de 1 à 9 et cette valeur représente toujours le nombre de cartes présentes dans la dite série.

Comme toujours chaque famille apporte un pouvoir au joueur qui en contrôle la majorité. C’est là une des premières différences, les pouvoirs sont tous différents du jeu de base. On retrouve une composition variée entre protection et agressivité mais forcément l’ambiance ne sera pas la même.

Une des grandes nouveautés est que, dans le paquet, nous allons désormais trouver de nouvelles cartes en plus des persos : des événements !


La dynastie Choson fut fondée en 1392 par le général coréen Yi Seonggye, qui renversa le royaume de Koryo et mit fin du même coup à la période de domination mongole qui durait depuis 1259. Durant la dynastie Choson, une administration centralisée est mise en place, le confucianisme revient en force, et avec lui, un nouveau système de valeurs. La dynastie Choson a connu deux grandes périodes de prospérité, pendant lesquelles la culture connut un grand essor, mais aussi vers la fin une période sombre et dangereuse pendant laquelle se déroule l’action du jeu…


Cette nouveauté implique plusieurs choses : d’abord le nombre de possibilités de jeu. Dans « Koryŏ » nous pouvions soit poser un nombre quelconque de cartes mais du même type soit deux types différents mais en nombre très réduit.

Dorénavant, en plus de ces deux possibilités, on pourra également choisir de poser 1 perso (et un seul) avec 1 événement (et un seul) ou encore 3 événements d’un coup.

Comme c’est la nature de l’événement, ces nouvelles cartes, contrairement aux personnages, ne resteront pas en jeu à la fin du tour. (Enfin… si c’est possible mais ceci sera possible en contrôlant un pouvoir spécifique)

De le tour de jeu

La première phase d’un tour commence par un voyage dans le temps. Et pourquoi pas ? En fait c’est une phase qui concerne une des famille du jeu : les Voyageurs Temporels. Le joueur qui en contrôle la majorité peut choisir de détruire l’un deux (ce qui va compliquer son contrôle de majorité à venir) pour devenir premier joueur et marquer immédiatement un point d’Influence (sous forme de jeton).

Viens ensuite la phase classique de pioche. Comme précédemment chaque joueur va recevoir le nombre de cartes préconisées en fonction de période de jeu (il en existe 8).

Chaque joueur choisit ensuite secrètement les cartes qu’il désire jouer.

Tout le monde révélera simultanément son choix et l’on résoudra pour chacun en commençant par le premier joueur. On peut alors activer le pouvoir de ses majorités, mais aussi les pouvoirs d’arrivée en jeu des nouvelles cartes si elles en ont. Ces pouvoirs, à l’opposé de la majorité qui est reproductible à chaque tour ne peuvent se produire que quand la carte arrive en jeu.

Les Événements produisent leurs effets à ce moments là puis disparaitront.

On terminera par la fameuse phase de Fin du Monde où les joueurs vont devoir choisir quelles cartes ils vont conserver devant eux en fonction de la Saison (numéro du tour de jeu) où l’on se trouve. Comme dans « Koryŏ », on peut jouer plus de cartes qu’on ne peut conserver pour bénéficier du pouvoir de majorité mais il faut bien faire le ménage en fin de tour.

De nouveaux pouvoirs impliquent de nouvelles responsabilités

Certains pouvoirs peuvent se déclencher quand un joue un Évènement et un perso à pouvoir d’arrivée. En général c’est assez agressif. Les personnages avec des Armes à feu peuvent ainsi détruire un perso adverse en arrivant. Vous imaginez bien que d’autres pouvoirs permettent de se protéger (mais pas pour tout le monde) et désormais, certains pouvoirs consistent même à se venger ! Ainsi la majorité de Snipers permet de contrôler le jeton Riposte qui permet donc de riposter quand on vous tire dessus. Tu veux vraiment me tuer un perso ??? Bien sûr, il existe un moyen de contrer la Riposte. Vous voyez le genre…

C’est certainement l’une des distinctions de ce jeu que d’entrainer encore plus d’effets dominos (à moins que vous ne préfériez la boule de neige ou encore le papillon…).

En fin de partie, après avoir compté ses points d’Influence, les joueurs qui ont moins de 10 points vont doubler leur score. Ceux qui ont passé cette frontière en gagneront de 3 à 5 de plus en fonction du nombre de participants. Mince ! Il va en plus falloir calculer s’il est rentable ou pas de passer le cap des fameux 10 points ! Cruel ! Cruel ! Gary Kim !

Chosŏn la différence !

Bien que l’on puisse indifféremment découvrir l’un ou l’autre jeu, il semble néanmoins que cette nouvelle version se présente plus comme un jeu « avancé ». Bien que reprenant à la fois le même univers et le même moteur, on trouvera ici de nouvelles subtilités ou devrais-je dire de nouvelles tortures pour l’esprit du joueur à nouveau tiraillé entre protection et attaque, contrôle ou gain, …

Pour rentrer plus précisément dans la sensation et bien… Attendons la Tric Trac TV. Vous en savez déjà assez comme ça. Si vraiment vous êtes très impatient, vous pouvez tester une version démo avec votre édition de « Koryŏ » à l’aide la petite vidéo explicative de l’éditeur. Et puis les règles sont également dispo ici même… Bref de quoi patienter un peu avant l’automne prochain.

► Télécharger les règles du jeu
► Essayer le jeu avec votre version de Koryo
► Notre article sur Koryo
► Tric Trac TV : Koryo, l’explication
► Tric Trac TV : Koryo, une partie

Chosŏn
Un jeu de Gary Kim
Illustré par Stéphane Gantiez, Ian Parovel
Publié par Moonster Games
2 à 4 joueurs
A partir de 14 ans
Langue des règles: Française, Anglaise
Durée: 15 minutes
Prix: 20,00 €
Disponible début octobre 2014 en France, mi octobre pour le reste de l’Europe, Novembre Canada et USA


3 « J'aime »

Vraiment séduit par Koryo (et un peu jaloux ^^), je ne demande qu'à l'être par celui-ci !

1 « J'aime »

Choson bastonne plus, j'ai bien aimé cette variation, c'est un feeling bien différent avec un mécanisme pourtant similaire. Beau travail.