Battle for Germany : Un wargame historique d'initiation

Battle for Germany : Un wargame historique d'initiation

Battle for Germany est un wargame d’initiation proposé par Decision Games. Il est original dans le sens où les joueurs vont faire la course vers Berlin, l’un jouant les Alliés (Front Ouest et par l’Italie) et l’autre les Russes (Front Est), de plus les joueurs vont diriger eux-mêmes les troupes allemandes en face de leur adversaire. Il s’agit là d’un wargame datant de 1975, les règles ont été révisées en 1994 et cette nouvelle édition en reprend les règles. Decision games a revu le matériel, et propose, chose rare dans le wargame, un plateau en dur. Le jeu a su garder une esthétique old school, mais tout y est qualitatif et sa relative sobriété lui donne un charme fou, je trouve.

EN GROS LE JEU, C’EST ÇA !

Durant le jeu, chaque joueur va jouer l’ensemble de ses unités durant son tour dans l’ordre suivant : Le joueur A joue toutes les unités russes puis les allemands de l’ouest, enfin le joueur B joue toutes les unités Alliées puis les Allemands de l’Est (pour embêter les Russes si vous suivez !)

Le tour d’un camp se décompose ainsi : renforts (vous remettez en jeu des unités précédemment éliminées, le nombre diffère selon le tour et allemands comme russes doivent privilégier les unités éliminées les plus faibles). Puis vient le mouvement, déplacez vos troupes, les unités ne peuvent pas s’empiler à plus de deux dans un hexagone, le terrain consomme plus ou moins de points de mouvement et vous devez stopper votre mouvement si vous arrivez adjacent à un adversaire. Pour finir le combat, vous pouvez attaquer avec les unités que vous souhaitez, toute unité adjacente à l’adversaire peut attaquer en combinant la force des voisins ou non. Additionnez les valeurs d’attaque, additionnez les valeurs de défenses (si 2 unités sont sur la même case), appliquez le modificateur de terrain, vous obtenez un ratio arrondi à l’avantage du défenseur, vous jetez un dé et consultez les effets. Et c’est tout. Simple non ?

La victoire s’obtient quant à la fin du dernier tour (variable selon le scénario choisi, mais entre nous le scénario principal se suffit amplement à lui-même) on fait le décompte des points. Des villes spécifiques rapportent des points et Berlin, le Graal, 10 points. Dans la plupart des parties, prendre Berlin est synonyme de victoire tant elle rapporte par rapport au reste.

LE DIABLE SE CACHE DANS LES DÉTAILS.

Comme vous pouvez le constater, le gameplay est très rudimentaire, mais il n’est pas exempt de finesse, loin s’en faut. Les ratios de combat font la part belle à l’attaquant, mais les terrains sont très très avantageux pour le défenseur. Aussi, si l’allemand a peu de chance de tenir le choc en plaine, les terrains accidentés ou fortifiés doublent voire triple la valeur de défense de celui-ci et il sera dur de l’éliminer. Du coup, la stratégie de contournement va prendre toute sa valeur, car quand on coupe la retraite d’un pion, celui-ci est éliminé et les ratios de combat font plus facilement reculer qu’infliger des dégâts. Les joueurs russes et alliés vont donc devoir percer les lignes ennemies pour y engouffrer des troupes afin de contourner l’adversaire sans eux-mêmes se faire déborder. Le placement de ses troupes est donc un élément clé du jeu qui lui donne sa substance. Le joueur allemand, s’il fait sortir une troupe par le bord du plateau, élimine deux unités adverses (les plus proches) définitivement. Très dur à faire dans les faits, cela oblige les joueurs alliés et russes à garder un front unis. Ainsi, sans avoir de règles d’approvisionnement dans sa version non avancée, le jeu contourne de manière intelligente le problème pour garder de la cohésion historique dans sa façon d’être joué : malin !

POUR CONCLURE

Battle for Germany est vraiment une bonne surprise. Oldschool à souhait il accuse le coup en proposant un front très statique à l’Ouest pendant une grande partie du jeu tant il est difficile de passer la ligne Siegfried gardée par des Allemands surprotégés. Une fois la ligne chèrement franchie, les stratégies des alliés s’ouvrent. Le front italien est peu intéressant et très statique lui aussi. À l’Est, ça bouge nettement plus, l’allemand passe son temps à subir et à opter pour le moindre mal à chacun de ses tours. Passé ces petits griefs, il est très immersif, et retrace de manière simple et intelligente ce chapitre de l’histoire. Il a le mérite de désacraliser les jeux à pions et hexagone, en plus d’offrir un vrai plateau en dur, chose rare dans les wargames historiques. La rejouabilité est bonne, car vous allez au fil des parties affiner vos stratégies et le hasard des dés peut amener que d’une partie sur l’autre la physionomie du front change. Les parties durent 4 heures, il faut le prévoir. En conclusion, Battle for Germany est un très bon jeu pour mettre le pied à l’étrier, et pour peu que vous aimiez l’histoire, vous permettra de revivre ce moment important de l’humanité. Si vous êtes étranger au monde des wargames historiques et que cet univers vous branche, voici une excellente porte d’entrée qui permet de jouer avec un plateau au final plutôt chargé et pourtant de manière étonnamment fluide.

Après si vous aimez les jeux de figurines et la seconde guerre mondiale, je ne peux que vous conseiller, toujours dans un registre de jeu accessible et jouale avec toutes figurines pour un prix modique : le livre de règles L'infanterie attaque !

Tric Trac

7 « J'aime »

Article fort intéressant.

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Hello, bravo pour ta présentation.
Du coup on active toutes les unités a chaque fois ou les points de commandement sont limités (comme pour les Holfast) ce qui oblige à des choix?
(Je parle de holfast parce que ça a l’air dans la même gamme de difficulté).

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A l’ancienne. On active toutes les unités.

Du coup vu le nombre d’unités chaque tour peut être long. En même temps elles ne sont pas toutes au contact donc que des mouvements à gérer pour certaines

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Oui tout le monde ne bouge pas. Après celles qui sont au contact peuvent se désengager, mais elles ne peuvent passer d’une zone adjacente à l’adversaire à une autre zone adjacent qu’à la condition de passer d’abord par une zone vide. ca permet des subtilités tout en empêchant de s’enfoncer en faisant fi des positions adverses.

Belle initiative un article sur un wargame.
En plus c’est intéressant et bien fait.
Merci.

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