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Applications et jeux de société : le mariage (controversé) du physique et du numérique

Applications et jeux de société : le mariage (controversé) du physique et du numérique

Tandis qu'à Helsinki nos développeurs continuent de créer Dized*, nous consacrons le deuxième billet de notre blog (ici* en version originale) aux différentes utilisations d'applications mobiles dans (ou pour) les jeux de société aujourd'hui. Que ce soient les adaptations pures et simples, les nouveaux jeux mêlant physique et numérique, ou encore les “companion apps” offrant diverses fonctionnalités pratiques, ces applications ont été (et continue d'être) une source d'inspiration majeure pour notre projet. Il paraissait donc naturel d'en faire un petit tour d'horizon avant de vous rentrer dans le détail de notre démarche.
* liens en Anglais

Applications et jeux de société : le mariage (controversé) du physique et du numérique

Le mois dernier, la seconde campagne de financement participatif du jeu coopératif The 7th Continent a atteint la somme vertigineuse de 7 millions de dollars. L’une des dernières récompenses débloquées a créé la surprise : quelques cartes spécialement conçues pour afficher des indices en réalité augmentée grâce à une application mobile dédiée ! Du propre aveu de l’équipe de Serious Poulp, la campagne avait à ce moment déjà dépassé leurs espoirs les plus fous, et on imagine donc aisément qu’ils ont profité de ce manne financière inattendue pour s’amuser un peu et créer une mécanique originale pour leur jeu. Mais l’annonce de ce bonus insolite a provoqué un déluge de commentaires et d’avis contraires, révélateurs des opinions actuellement très divisées parmi les joueurs au sujet du recours aux applications mobiles dans leur hobby.

Applications et jeux de société : le mariage (controversé) du physique et du numérique

Un version prototypale des cartes spéciales pour The 7th Continent

Si la plupart des joueurs accueillent avec plaisir tout élément pouvant varier les mécaniques de jeu, et rendre les jeux de société plus accessibles ou juste plus fun, certains considèrent que la technologie n’a pas sa place sur une table de jeu. Pour ces derniers, le charme des jeux de société réside justement dans le fait qu’ils échappent à l’invasion (certes incontestable) du numérique dans nos vies.
Mais si l’âme même des jeux de plateau est bien faite de carton, de bois et de plastique, la convergence du physique et du numérique semble généralement inévitable, notamment lorsqu’elle permet de résoudre une difficulté ou même juste de nous simplifier la vie.

Prolonger l’expérience ludique

Alors que nous passons de plus en plus de temps à jouer (tous supports confondus), nous avons parfois envie de revenir visiter les univers que nous avons écumés des heures durant, ou de continuer à côtoyer des personnages auxquels nous nous sommes attachés.
Il n’est pas rare qu’un jeu suffisamment populaire échappe ainsi à son support original.

Les exemples de jeux vidéo adaptés en jeux de plateau ne manquent pas, qu’il s’agisse de FPS (DoomGears of WarDark Souls…), de RTS (WarcraftStarcraftAge of Empires III…), de jeux de rôle (FalloutThe WitcherPillars of Eternity…), ou même de jeux sur mobiles (Plague Inc. – on vous épargne Angry Birds et autres Lapins Crétins…). 
Dans certains cas, comme pour Civilization ou The Witcher, on a même vu des allers-retours entre supports, avec un jeu de plateau adapté d’un jeu vidéo lui-même déjà adapté d’un précédent jeu de plateau (ou l’inverse, si vous arrivez à suivre…).

 

Applications et jeux de société : le mariage (controversé) du physique et du numérique

Le jeu de société Pillars of Eternity: Lords of the Eastern Reach

 

Une question de temps et d’espace

Certains d’entre nous peinent parfois à trouver le bon moment et le bon lieu pour se retrouver autour d’un jeu : la nouvelle vague d’adaptions de jeux de société sur mobile répond partiellement à cette difficulté. Parmi les titres déjà disponibles, on compte des classiques allemands tels que Carcassonne* et Puerto Rico, des petits jeux de cartes ou de dés (Star Realms*, Elder Signs*…), et même des jeux où l’interaction entre les joueurs est censée être plus directe, comme MysteriumAsmodee Digital fait figure de tête de proue pour le portage de jeux sur tablettes et smartphones, et ça n’est sans doute qu’un début, vu qu’ils ont récemment annoncé les adaptations de nombreux titres d’autres éditeurs. Ces versions numériques de jeux de société compensent généralement la perte des sensations et interactions physiques par une certaine fluidité dans le déroulement des parties (notamment le décompte des scores) et par des tutoriels intégrés.

 

Bande annonce de la version numérique de Mysterium

Board Game ArenaTabletop Simulator* et Tabletopia* répondent au même besoin : ces sites (ou logiciel) proposent également de dématérialiser les jeux afin de pouvoir y jouer sans contrainte géographique.

Le téléphone est fourni avec ?

Si jouer à l'adaptation d'un jeu sur mobile peut paraître un peu éloigné de l’expérience originale qui nous plaît tant, les applications mobiles peuvent également faire partie intégrante d’un jeu de société plutôt que de s’y substituer. Des auteurs ont  ainsi récemment profité des nouvelles possibilités proposées par le numérique pour créer des jeux qui ne pourraient pas exister sans cela.

L’application devient alors un élément mécanique essentiel du jeu et peut remplir plusieurs fonctions. En voici quelques exemples :

Minuteurs

Des jeux comme Fuse ou Doctor Panic utilisent une application là où d’autres jeux faisaient auparavant appel à différents types de chronomètres. Des jeux récents, comme Zombie 15’ ou Pingo Pingo (ou même la première version du jeu, Squad Seven), proposent ainsi des bandes son pour rythmer les parties avec une musique frénétique et des sons déclenchant des événements dans le jeu. Dans XCOM : Le jeu de plateauEric Lang et FFG vont quand à eux un peu plus loin, puisque l’application gère des décomptes différents pour chaque joueur, suit l’invasion extraterrestre et équilibre la partie d’une manche à l’autre.

Applications et jeux de société : le mariage (controversé) du physique et du numérique

XCOM Le jeu de plateau a connu un très bon accueil (y compris auprès de notre équipe ! ;) ).

Assistant

Les appli mobiles ont également permis de nouvelles mécaniques en termes de déduction. Alchimistes est un parfait exemple de jeu qui n’existerait pas sans son application. Un mode de jeu prévoit bien la gestion de la répartition des ingrédients et de la vérification des expériences des joueurs par un humain, mais qui va se sacrifier pour s’occuper d’une tâche aussi ennuyeuse alors que ses amis s’amusent en jouant ? Surtout que l’application remplit son rôle à la perfection (peut-être même mieux que n’importe quel humain)…
Les Space Cowboys sont réputés pour leur approche innovante des jeux de société, et leur dernier succès n’échappe pas à la règle. L’application pour Unlock est relativement simple (l’auteur Cyril Demaegd l'a développée lui-même après avoir appris tout seul les rudiments de la programmation sur mobile !), mais elle remplit plusieurs fonctions. Alors que le jeu repose essentiellement sur des cartes, l’application est essentielle pour décompter le temps de jeu, fournir des indices aux joueurs en difficulté ou encore valider leurs réponses aux différentes énigmes qui viennent pimenter chaque scénario (généralement sous la forme de codes).

e-Maître de jeu

Les applications vont parfois encore plus loin : plutôt que de simplement réagir aux actions des joueurs, elles deviennent un élément actif du jeu. Récemment, Fantasy Flight Games a lancé des nouvelles applications pour deux de ces titres-phares : les nouvelles versions des Demeures de l’épouvante et de Descent disposent désormais de leur propre maître de jeu numérique. Ces applications peuvent vous expliquer les règles du jeu, vous proposer des nouveaux scénarios accompagnés de visuels et de bandes sonores immersives, déclencher sans prévenir des événements aléatoires ou programmés, et accélérer grandement la gestion des monstres en indiquant directement aux joueurs le détails de leurs méfaits.

 

Fantasy Flight a inventé le terme “app-driven” pour désigner la 2e version des Demeures de l’épouvante.

Les deux titres ont vu leurs ventes progresser sensiblement depuis le lancement de ces applications, et FFG a déjà annoncé qu’un autre de leur bestsellers connaitrait le même sort : Star Wars : Assaut sur l’Empire.
En début d’année, l’éditeur polonais Portal a également confirmé cette nouvelle tendance avec First Martians (largement inspiré de l’excellent Robinson Crusoé  d’Ignacy Trzewiczek).

Hybrides

Certains jeux vidéo cassent encore plus la barrière séparant mondes réel et numérique en intégrant les relations directes entre joueurs (sans écran interposé) dans leurs mécaniques ; on peut citer comme exemples Space Team*, Keep Talking and Nobody Explodes* ou encore Hidden in Plain Sight*.
Côté jeux de plateau, l’éditeur parisien Volumique imagine régulièrement de nouvelles façons d’utiliser les appareils digitals au service de jeux bien concrets, à l’image de World of Yo-Ho (un jeu de pirates où les smartphones font office de pions interactifs !).

 

Applications et jeux de société : le mariage (controversé) du physique et du numérique

Dans World of Yo-Ho, les appareils mobiles eux-mêmes sont intégrés au jeu.

 

Intégrer des applications dans certains jeux de société peut ainsi permettre une expérience ludique plus agréable et plus riche, que ce soit en simplifiant les phases d’entretien, en offrant des mécaniques d’équilibrages automatiques, en participant à l’immersion dans l’univers, ou encore en proposant de nouvelles fonctionnalités. Mais cela ouvre également des possibilités inédites pour les auteurs, dont l’imagination et la créativité sont généralement avides de nouveaux horizons. Et ça, c’est une très bonne nouvelle pour tous les joueurs !

 

Le plus fidèle compagnon du joueur

De façon plus simple, les applications peuvent également être utiles pour des jeux initialement imaginés sans. Des utilitaires universels peuvent par exemple aider à désigner le premier joueur, à minuter la partie, à noter les points ou à suivre vos statistiques.
Plusieurs éditeurs ont même développé des applications officielles pour faciliter la vie des joueurs, et la liste de ce que vous pouvez faire sur votre téléphone ou votre tablette ne cesse de grandir : calculer les points pour 7 Wonders, remplacer votre fiche de personnage dans Zombicide, obtenir de nouveaux circuits pour Flamme Rouge ou même profiter d’une mécanique d’événements inédite pour Clank!.

Applications et jeux de société : le mariage (controversé) du physique et du numérique

Aperçu de l’utilitaire de Renegade Games

Dized entre en jeu…

Notre décision de développer Dized est la suite logique de toutes les expérimentations numériques qui ont été tentées par les éditeurs de jeux de société ces dernières années.

Applications et jeux de société : le mariage (controversé) du physique et du numérique

Capture d’écran de la version en cours de développement récemment présentée à Essen.

En premier lieu et avant toute chose, nous voulons aider les joueurs à surmonter le principal obstacle à la découverte de nouveaux jeux : l’apprentissage des règles et l’installation du jeu (nous avions abordé la question des livrets de règles dans notre premier billet). Deuxièmement, nous souhaitons proposer un moyen simple et rapide de vérifier n’importe quel point de règles, sans interrompre votre partie et respectant les dernières règles mises à jour, les errata, addenda et autres FAQ. Troisièmement, nous vous proposons de rendre vos soirées-jeux plus simples à organiser et d’aider la discussion et les rencontres entre joueurs. Enfin, nous prévoyons d’offrir aux éditeurs et aux créateurs des outils spécifiques pour qu’ils puissent rendre facilement leurs jeux plus accessibles, plus fluides, plus fun…

 

Dans notre prochain billet, nous nous pencherons sur le processus de création des tutoriel sur Dized, et sur les différents éléments rentrant en considération lors de leur conception.

D’ici là, n’hésitez pas à nous donner votre avis sur le rapprochement entre physique et numérique, à nous indiquer ce qu’on a pu rater dans ce petit aperçu, ou encore à nous dire ce que vous attendez (ou pas…) de Dized.


Si vous voulez en savoir plus sur Dized, n'hésitez pas à nous suivre sur FacebookTwitter et Instagram.

 

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Les jeux dont on parle dans cet article

Commentaires (26)

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ToMAHaWK
ToMAHaWK
Et si faire l'effort d'apprendre une règle, de la transmettre faisait aussi partie du plaisir du jeu ? Et si imaginer et projeter ce que l'on lit dans la règle nous rendait plus apte à comprendre d'autres choses dans la vie de tous les jours ?Une application comme Dized pourrait être un nivellement par le bas en facilitant la prise en main du jeu tout autant qu'une bonne chose dans le milieu ludique. Tout dépend de ce qui vous motive. L'idée pourrait être de vendre plus de jeux, toujours plus de jeux...plus besoin de te casser la tête ami joueur, achète et on s'occupe du reste... À quand une appli qui calculera les stratégies pour les joueurs parce que réfléchir à tout ça devient bien compliqué ?
Oui ça va chercher un peu loin mais je m'interroge sur ce besoin à pousser à la consommation ludique à tout va quitte à le dénaturer en lui enlevant un de ces sens, l'apprentissage et le partage de la règle.Mais je ne vous juge pas car vos intentions sont peut-être louables après tout.
L'avenir seul nous le dira.
Bonne chance pour votre application.
Herr Nidé
Herr Nidé
Si l'application Dized réussit à se financer, c'est qu'elle répond à un besoin.
Pour quelqu'un qui a des jeunes enfants à la maison (moi par exemple), le temps libre manque crucialement. Et je n'ai pas envie, comme à une époque, de passer une heure pour comprendre et assimiler les règles d'un jeu, comme Myrmès ou Conan)
Et donc, une telle application peut me convenir : moins de temps nécessaire pour assimiler les règles = plus de temps de jeu.
cidrixx
cidrixx
Je suis assez d'accord avec ton commentaire Herr Nidé.
Les 2 ne sont pas incompatibles (explication des règles ET apprentissage via une appli).
Perso, je regarde très souvent des vidéos de parties ou d'explications de règles avant de les expliquer à mes groupes de joueurs.
Mais ce qui me permet le mieux de les assimiler, c'est de faire quelques parties (dont des tutoriels) sur les versions numériques iPad/iPhone quand elles existent.
Et ça ne m'empêche pas de passer du temps à les expliquer "pour de vrai" avec mes joueurs.
Dized
Dized
J'imagine en effet que ça dépend de ce qu'on attend d'un jeu, mais on n'adhère pas vraiment à l'idée un peu élisiste que les jeux de société sont quelque chose qui doit se mériter, que si on n'est pas prêt à souffrir pendant 30 minutes pour apprendre la règle, on ne mérite pas vraiment d'y jouer… Combien d'entre nous ici ont attendu des années avant de découvrir ce hobby, juste parce qu'il paraissait trop inaccessible ? De plus en plus, j'en suis certain.
Et Dized ne cherche pas à supprimer l'apprentissage de la règle. Rien ne le pourra jamais, puisque la règle est ce qui permet de jouer à un jeu. L'idée est juste de proposer une alternative moins violente pour les apprendre. Parce qu'on pense qu'il est dommage que tant de personnes soient privées de jeux de société juste parce qu'elles ne connaissent pas quelqu'un qui sache expliquer les règles (ce qui est à mon avis pas donné à tout le monde !).
snaketc
snaketc
Les jeux de société évoluent aussi et ils sortent de plus en plus avec une version rapide/simple (voir certains sans règles car c'est le jeux qui vous les apprend) qui permet aux jeux familiaux de pouvoir se jouer rapidement. Met pour les gros jeux, je crains que le tutoriel soit trop long et que les "gamers" préféront toujours une vidéo et la règle papier.
Dized
Dized
Les "gros" joueurs, sans doute, mais les moyens ? Ceux qui aujourd'hui jouent à des jeux de stratégie, mais n'osent pas encore se lancer dans du très gros. ;)
JB Ravensburger
Et l'appli Scotland Yard alors ? :p
Avec ses nouvelles possibilités de jeu et son expérience en réalité augmentée !
Dized
Dized
Désolé JB, l'idée n'était pas de citer tous les jeux qui mêlent physique et numérique (et on aurait sans doute pas pu de toute façon), mais en effet, Scotland Yard est un autre bon exemple. :)
Zemeckis
Zemeckis
Un jeu de société adapté en jeu vidéo, ou l'inverse, un jeu vidéo adapté en jeu de société, aucun problème. En revanche, un jeu mixte, non merci. Je ne suis pas pret de franchir le pas, sauf à la rigueur pour un party game (style blind test).
cidrixx
cidrixx
Hé bien c'est dommage pour toi, car franchement des jeux comme Unlock! ou Alchimistes font partie des meilleurs moments ludiques que j'ai partagé...
Bon, je force un peu le trait :-) mais je ne crois pas que les 2 mondes soient incompatibles l'un avec l'autre.
kalimero
kalimero
J'ai plein d'applis sur iPhone qui ne fonctionnent plus depuis la dernière mise a jours du téléphone ou qui ont simplement disparues de l.appstore après quelques années. Je collectionne les jeux depuis plus de trente ans. Si ils avaient été tributaire de l'informatique, aujourd'hui j'en aurai plus beaucoup de jouable...
Dized
Dized
C'est une vraie question, à laquelle il est dur de répondre aujourd'hui (on ne sait pas encore les solutions qui pourront être trouvées dans ces cas-là), mais je pense que c'est plus une problématique de collectionneur que de joueur (et ce n'est pas une insulte, hein! ;) ).
ThierryLefranc
Vouloir jouer aux jeux que l'on possède est une problématique de joueur.
Yannik
Yannik
Pour avoir joué à xcom de chez ffg où l'application fait partie intégrante du jeu, on n'a pas senti de gêne particulière à l'introduction du numérique dans le jeu de plateau... Au contraire, elle s'est parfaitement intégrée, est un élément harmonieux du jeu et on a fait une super partie, le numérique n'est pas comme un truc en plus et n'a en rien altéré la relation entre les 4 joueurs, au contraire!
Stefmoutarde
Ce qui me dérange c’est l obsolescence programmée de tout ce qui est numérique.
Si un logiciel de jeu n est pas suivi et régulièrement mis à jour, il peut disparaître au bout d’un certain temps. Qu en sera-t-il d un jeu de société dépendant d une composante numérique?
Herr Nidé
Herr Nidé
C'est la réflexion que je me suis faite quand j'ai joué la première fois à Unlock.
Si les éditeurs de jeux fournissent les codes sources de leurs applications, il y aura certainement (du moins, j'espère) des passionné(e)s qui permettront à la partie numérique du jeu de continuer de vivre. Mais sinon...
cidrixx
cidrixx
Assez d'accord avec toi Stefmoutarde, mais il y aura toujours des fans qui trouveront un palliatif "réel" quand la partie numérique ne sera plus dispo... si le jeu en vaut vraiment la peine.
D'ailleurs ta remarque s'applique aux jeux "globalement" indépendamment des outils numériques.
Pour exemple, j'ai dans mes étagères une (vieille) version de "Intrigues à Venise".
Le problème c'est que le jeu est devenu injouable car il manque des billes de couleur dans la statuette qui doit te donner une combinaison de couleurs à chaque tour.
Je dirais même que le numérique pourrait être la solution aux pièces manquantes dans mon jeu ! :-)
Dized
Dized
C'est en effet une vraie préoccupation de beaucoup de joueurs, même si paradoxalement elle ne se pose pas trop quand il s'agit de jeux vidéo. Nous n'avons à mon avis pas le recul nécessaire pour savoir ce qu'il adviendra de ces jeux lorsque les éditeurs n'assureront plus le suivi de compatibilité aux nouvelles versions des OS mobiles (je pense que des versions web seraient une solution pérenne, par exemple), mais est-ce une raison suffisante pour se priver de ces jeux pendant qu'on peut en profiter ? Est-ce que le même souci ne s'applique pas aussi aux jeux "traditionnels" : nous savons tous que le carton et le papier ne sont pas éternels, que les cartes vont finir par s'effacer (à moins de se ruiner en protège-cartes), que (comme le dit cidrixx) les pièces peuvent être perdues, etc. Cela ne nous empêche pas d'acheter et de jouer à ces jeux, donc c'est peut-être plus un problème de collectionneur que de joueur. ;)
ThierryLefranc
Bonjour,
Sans parler des applis qui ne fonctionnent pas. J'ai voulu essayer Unlock et impossible de le faire fonctionner sur mon smartphone récent. Après des échanges avec Cyril Demaegd, il s'est avéré que le problème n'a pas été solutionné. Du coup, j'ai acheté Exit.
ThierryLefranc
Le seul cas de figure où une appli ne me gêne pas, c'est si elle vient en plus du jeu. Par exemple, je vais regarder l'appli pour Star Wars Assaut sur l'empire parce que même si elle ne fonctionne pas ou plus (dans le temps) cela ne change rien : je pourrai toujours jouer au jeu.
Monsieur Guillaume
Cher ThierryLefranc,
Vous avez bien fait de prendre Exit, Unlock n'est pas fait du tout pour vous... du coup, cette "panne" d'application est une providence pour vous ! Joie et félicité ! :D
Hubvious
Hubvious
Dommage de ne pas avoir cité le jeu "Hubywoky" qui ne nécessite aucun smartphone pendant les parties, mais qui permet aux joueurs une fois seuls d'aller sur l'application pour continuer de jouer ;)
Si vous ne connaissez pas tout est expliqué ici => www.hubywoky.com/kickstarter
Dized
Dized
On ne peut naturellement pas citer tous les jeux qui s'inscrivent dans cette tendance de convergence du physique et du numérique, mais en effet, Hubywoky semble en plein dedans. ;)
Pit0780
Pit0780
Pour moi, le numérique dans un jeu de société s'apparente à un virus.
Lors de mes soirées jeux, les téléphones et autres tablettes sont interdits autour de la table. Fini les écrans. Fini le pianotage sur le clavier. On joue.
Dized
Dized
En effet, le numérique parasite souvent les soirée-jeux, et globalement toutes les situations d'interactions directes entre personnes. Beaucoup d'entre nous ont le réflexe de regarder leur portable même quand ils parlent avec d'autres personnes, au restaurant, en balade, etc.
Mais n'est-ce pas un peu différent lorsque le numérique n'est pas là pour nous distraire du jeu, mais bien pour nous y immerger encore plus, pour en améliorer les mécanismes, voire pour nous épargner les tâches les moins sociales ?
Larkin Tanith
j'aime beaucoup ces analyses, que je partage! Je considère également qu'il faut évoluer avec les outils à notre disposition, ce qui ne changera en rien la dimension sociale des jeux... de société :)