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Festival International des Jeux 2012
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Festival International des Jeux 2012

mercredi 22 février 2012 à 00:00
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L’édition 2012 du Festival International des Jeux de Cannes s’est terminée il y a peu. 
Un festival historique qui a de la bouteille et qui reste parmi les plus grands rendez-vous ludiques européens. Nous ne connaissons pas encore les chiffres de la fréquentation à l’heure où je rédige ces mots mais il est fort probable qu’un nouveau record ne soit battu.
De fait, le célèbre Palais des Festivals de la Croisette malgré sa capacité impressionnante à atteint ces limites à tel point que plusieurs fois dans la journée, le service de sécurité (impressionnant également) devait stopper les entrées pour cause d’engorgement.

À l’intérieur vous y trouviez environ 400 exposants allant de la modeste mais pleine d’espoir table d’auteur jusqu’au stand multi-espaces des plus gros éditeurs.

Cannes c’est le jeu de société mais aussi du jeu vidéo et toutes les passerelles qui foisonnent en ce moment pour relier les deux pratiques ludiques. 

Si le salon lui-même se déroulait sur trois jours, l’événement avait pour sa part débuté dès le début de la semaine avec de nombreux tournois sur des jeux dits traditionnels dont je vous passerais la longue liste ici mais que vous pourrez retrouver sur le site officiel du Palais.

Trois jours c’est trop court ! Était le cri du cœur des festivalier qui avaient connu la version cinq jours encore en vigueur il y a quelques années. Difficile de ne pas être d’accord avec ça, d’ailleurs même l’organisation, que nous avons questionnée à ce sujet, le regrette. Comme souvent, l’explication en est simple et triviale. Il ne s’agit que d’une question d’argent. Ce qu’il faut savoir c’est que ce lieu prestigieux est occupé toute l’année et loué par de très grosses sociétés d’événementiels (Tout le monde connaît le plus fameux des festivals, celui du film). Et contrairement à tout ce qui se passe d’habitude, le Festival des Jeux est la seule exception de l’année. C’est le seul événement gratuit. Le Palais des Festival c’est une usine à rêve qui est gérée par de multiples sociétés. Tout y fonctionne comme une petite ville avec des centaines de personnes qui s’activent pour que tout soit en place sachant que quand un événement se termine, un autre vient prendre sa place immédiatement.
Ce festival du Jeu est le seul  en réalité qui est payé par la Ville qui a plutôt l’habitude de gagner de l’argent que d’en dépenser dans cet endroit. De fait, on pourrait dire que c’est une partie des bénéfices des autres activités qui vont servir à financer le festival des jeux. La crise étant passée par là, les bénéfices se sont réduits et la question s’est posée de réduire les activités du FIJC pour limiter les dépenses. La direction de l’évènementiel a donc proposé de réduire la durée plutôt que de supprimer des activités. Après, si vous avez quelques centaines de milliers d’Euros pour rallonger d’une journée, vous serez surement le bienvenu. La réduction est frustrante pour les joueurs qui profitaient au maximum de la petite semaine d’activité ludique, les exposants reçurent la nouvelle avec plus de satisfaction puisque c’est aussi une économie pour eux et surtout une meilleure gestion de la fatigue car, les animateurs vous le confirmeront, Cannes c’est du concentré. Il n’est pas rare d’y croiser en fin de salon des groupes d’aphones épuisés mais heureux.

Cette année, nous avions convié notre bienheureux collègue, Herr Guido de Tric Trac Allemagne, afin qu’il puisse comparer son expérience des divers salons d’outre-Rhin. Si vous lisez l’allemand, vous trouverez son reportage personnel sur de.trictrac.net. Deux constats se sont imposés à lui : Jamais il n’avait été accueilli ainsi (en même temps, je pense qu’il a été beaucoup trop chouchouté) et, plus intéressant, c’est l’âge du public qui a attiré son attention. Il a trouvé qu’il y avait plus de personnes âgées et plus de très jeunes que sur les salons allemands. La présence d’un public d’âge honorable s’explique en partie par l’importance des tournois de jeux classiques. L’âge moyen du Scrableur ou du joueur de Bridge est assez élevé. La présence des enfants s’explique en partie par le travail de l’organisation avec les scolaires mais surtout par l’arrivée d’une nouvelle génération de joueurs qui ont mis au monde les futurs joueurs de demain et qui sont bien content de pouvoir partager leur passion en famille.

J’ai pour ma part noté cette année une plus grande curiosité du public. Il est certain que la pression de la gigantesque queue à l’entrée donnait envie, une fois dans les lieux, de ne rien rater. Il y a encore quelques années, on trouvait des groupes de promeneurs du week-end du fait de la gratuité et de la rareté de permission de rentrer dans ces lieux. Aujourd’hui, c’est bien les jeux que l’on vient voir et les tables de démonstration elles aussi avaient leurs propres files d’attentes.

Pour avoir fait le tour complet du salon en essayant de voir chaque stand pour les photos que vous trouverez ici, cela m’a pris près de quatre heures. Quatre heures, juste pour regarder. Imaginez s’il s’était agi de jouer !

Mais le festival ce n’est pas une accumulation de chiffres et de superficie. Le plus notable reste les gens. Nous avons encore cette chance fantastique de participer à un univers qui reste de taille humaine. Rencontrer les auteurs, les éditeurs (même si le temps est compté) reste possible en toute simplicité. Nous remercions d’ailleurs toutes celles et ceux qui sont venus sur notre studio mobile même le temps de faire un petit signe entre deux tournages. Tournages qui étaient diffusées en live sur la TT TV mais que vous allez pouvoir retrouver dans les jours qui viennent, cette fois à la demande. Vous y noterez que la décontraction progresse parallèlement à la fatigue.

Et puis il y a l’autre face du festival. La partie dite nocturne. J’ai nommé le désormais célèbre Off qui est en fait très In. Autrefois parasitage des salles de nos amis de la belote, c’est désormais une véritable institution très attendue. Nous étions bien loin des deux tables planquées il y a quelques années. Bien qu’aucun chiffre officiel ne soit disponible, je pense qu’on pouvait estimer une présence de près de 800 joueurs. Du coup le premier jeu était de trouver une table ET une chaise.

Avec son ouverture à 10h00 et un Off qui se termine vers 4H00, les journées cannoises sont… denses. Heureusement, les joueurs de belote et de Tarot sont des gens aussi avisés que sympathiques et jamais personne ne se retrouva à cours devant leur buvette si intelligemment placée au rez-de-chaussée de ce haut lieu de la culture. Là encore, vous retrouverez l’ambiance dans les photographies de ce reportage qui du fait de la croissance de l’événement ne sera peut-être pas aussi exhaustif que les années précédentes. Les vilaines langues ont laissé entendre que mieux valait se trouver à la buvette pour avoir une chance d’être en photo. Voilà qui prouvera que non. Du moins pas tout le temps…

Impossible non plus de vous dire combien de prototypes étaient présents mais il y en avait pour tout les goûts : du Monopoly-like au peut-être futur jeu de l’année prochaine…

Le Festival c’est aussi la soirée de cérémonie qui voit l’annonce du prix du jeu de l’année et de ses petits frères mais Monsieur Phal vous en a déjà parlé. Ici pas d’entrée libre, seuls les prétendants (auteurs, éditeurs) et les professionnels qui ont un stand sont invités. A l’origine, ce repas était la soirée spéciale pour les pros. Ce n’est que depuis quelques années que le Prix du Jeu de l’Année – As d’or y a également trouvé sa place.
Là encore nous vous avons proposé d’y participer en rediffusant la cérémonie en live. Ne vous manquait que le repas délicieux mais les petites animations qui ont suivi n’étaient pas forcément très pertinentes même avec un Monsieur Phal qui essaye désespérément de rattraper le coup quand les artistes ne sont pas là.
De toute façon, une fois le repas terminé et les annonces de prix données, une grande partie des membres pensent ; qui à rejoindre les bars de la Croisette, qui la salle du Off.
Cette remise se déroule en tout début de salon, de telle sorte que le public puisse profiter des jeux sélectionnés pendant toute la durée de celui-ci.

Et ils en ont bien profité si l’on en juge par exemple à l’épuisement rapide des piles de « Takenoko ».
Chacun y va ensuite de son commentaire qui, du côté éditeur, s’exprime en général par des reproches essentiellement chez ceux qui ne sont pas récompensés tandis que les autres semblent assez satisfait voire carrément heureux.
Côté joueurs c’est plutôt la confirmation ou l’infirmation des pronostics qui se jouent. On regrette toujours que son jeu préféré n’y soit pas ou au contraire, on se félicite qu’il s’y trouve.
Juste avant cette officielle cérémonie s’en tenaient d’autres plus sous terraines mais très amusantes. Un mélange de parodie, de promotion et  de potacherie autour d’un bon verre.
C’est ainsi que furent remis les prix de la LIDJA (ou Ligue Intégriste Des Jeux d’Ambiances). Au départ une plaisanterie créée ici même par notre très regretté ami et collègue Monsieur 20100 mais qui est portée de mains de maître par, entre autres, messieurs Bony et Thomas Vuarchex à qui je laisse le loisir d’en faire la promotion puisque le rôle qui m’a été accordé est de défendre l’honneur des kubenbois plus supérieurement dotés en encéphale. Mini cérémonie immédiatement suivie de la remise des Cocktail d’Or qui récompense les jeux de l’éditeur Cocktail Game choisis par eux-mêmes et animés par un Docteur Mops d’une drôlerie époustouflante car finalement monsieur d’Epenoux a raison, on est jamais mieux servi que par soi-même.

Un monsieur d’Epenoux qui a d’ailleurs remporté cette année le buzz de la croisette avec un post bien senti concernant le renouvellement des membres du jury. Bien que polémique et visiblement promotionnelle, la chose a entrainé d’intéressants débats chez les pros qui devrait déboucher sur l’organisation d’une table ronde sur la médiatisation du prix qui reste le gros point noir de ce type d’événement. Il est apparu également un questionnement sur la nature du prix public. Autrefois calqué sur le principe du familial plus (comme le fut Catane par exemple à son époque), ne faudrait-il pas imaginer aujourd’hui un prix d’un accès plus aisé car le jeu se popularise de plus en plus.
Des débats qui démontrent en tout cas l’importance accordée à ce prix qu’on voudrait toujours plus visible.  

Et après avoir, joué, débattu, polémiqué, s’être félicité, médit, s’être congratulé, fait des projets, tous le monde se retrouva autour d’un banquet de sanglier après m’avoir ligoté dans un arbre pour une raison obscure.

Sûr qu’on y retournera…

Pour voir toutes les photos : cliquez ici !

Chapitrage :
- Le salon c'est par là !
- Le Off, c'est par ici !
- L'As d'Or, c'est par là !
- Le Cocktail D'Or / LidJa d'Or, c'est par ici !

Pour Tric Trac,
Docteur Mops, Reporter.
Crédits photos : Docteur Mops (surtout) et un peu Monsieur Phal

Pour les photos, c'est par ici !

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