Welcome to the dungeon : Essuie tes pieds sur le tapis

[Welcome to the Dungeon]

Les quatre magiciens s’étaient encanaillés la veille au soir à la taverne. Du coup, les voici tous les quatre, la tête enfarinée et l’esprit encore embrumé, à rire bêtement et surenchérir sur qui oserait entrer dans le donjon qui leur faisait face en ayant le moins de matériel. Deux d’entre eux, peut-être ceux qui étaient restés les plus lucides ou simplement ceux qui avaient l’hypocras-trouillard, avaient déjà rendu les armes. Ils s’amusaient déjà à imaginer qui allait se rendre compte du peu d’équipements encore présents lorsqu’il faudrait entrer et affronter les monstres locaux… d’autant qu’il y avait du “lourd”…

- Et ben, tu sais quoi, moi, l’jondon… j’l’affronte sans avoir besoin de mon mur de feu… et toc !

- Et ben, tu sais quoi, moi… et ben… j’voudrais bien voir ça ! je passe !

- Euh…

Chifoumius le Très Passé et Mopsus le Trépassé,

devant “Drak’nd Poulpe Dunjoon”

Là, normalement, vous avez déjà compris de quoi il retourne dans ce quatrième opus (oui, je dis “opus” même s’il ne s’agit pas de musique) de la collection Mini Games de Iello. Avec Welcome to the Dungeon de Masato Usuegi, illustré par Paul Mafayon, c’est 2 à 4 joueurs qui s’affronteront rapidement à celui qui ose… ou au trouillard en embuscade qui gagne… parfois !

Toctoc… C’est bien là, les monstres à frapper ?

Chaque joueur se munit d’une carte Aide de jeu qui fait également office de compteur de points de vie. Oh, remarquez, ce n’est pas que ce soit bien compliqué : un aventurier, c’est soit en forme, soit blessé, soit bon pour les vers ! Du coup, une aide de jeu recto(blanc) - verso(rouge) et hop, d’un coup d’oeil, nous savons qui en est où. Sinon, vous savez ce que c’est, un aventurier, ça a la mémoire courte : “dis donc, Matthius The Web… tu t’étais pas fait trucidé dans la petite cave oubliée au début ? - ah non, j’crois pas…”

Les 13 cartes Monstres sont installées au centre de la table. Ces derniers ont une puissance de 1 à 9, sachant que la puissance 8 n’est pas représentée (il restait deux Puissance 4 mais elles ont été bues, je ne vois pas d’autre explication) et que les monstres de puissance 1 à 5 sont représentés deux fois. Enfin, sur chaque monstre, une ou deux icônes indiquant quel équipement est mortel pour eux.

Enfin un des 4 sets d’aventurier composé de 7 tuiles est choisi. Sur ces tuiles, le héros et ses points de vie initiaux ainsi que 6 tuiles d’équipements. Certains équipements permettent donc de se débarrasser de monstres précis comme la Torche pour les monstres de puissance 3 ou moins ou ont un effet à activer comme la potion de soin qui permet, au lieu de mourrir, de revenir à la vie avec ses points de vie d’aventurier une fois par Donjon.

L’épée Vorpale, c’est très surfait, en fait…

S’en suit quelques tours de table où chaque joueur parle à son tour. Soit il passe et l’aventure, pour lui s’arrête là, s’assurant qu’il ne se frottera pas à plus fort que lui. Soit il pioche une carte Monstre, indiquant ainsi qu’il est pour l’instant prêt à défourailler à tout va dans les oubliettes du coin. Il regarde le Monstre pioché et là, à nouveau deux choix : soit il le pose dans le donjon, ayant maintenant une connaissance plus réelle, bien que parcellaire, de l’adversité à laquelle s’attendre. Bien sûr, libre à lui d’en dire quelque chose, même faussement, à ses collègues. Mais il peut aussi le garder par devers lui face caché parce que ce monstre est trop monstrueusement fort, ou peut-être que c’est tout simplement drôle. Ce faisant, il défausse une des tuiles Equipement encore en jeu. Et oui, avec ce qu’il vient de ne pas mettre dans le donjon, on peut carrément y entrer sans arme maintenant… si, si… j’vous jure !

Par contre, s’il a pioché une carte, c’est qu’il est prêt à entrer dans le donjon, c’est certain. Et ça, les collègues, immanquablement, à un moment donné, ils vont passer… tous… les pleutres ! Il n’y a alors plus qu’à serrer… tout ce qu’on peut serrer et prendre les habitants du donjon, les révéler un à un et soit les abattre soit encaisser leur puissance défalquée aux points de vies.

Dépité, vous n’avez pu aller au bout des méchants locaux : retournez votre aide de jeu côté ensanglanté… et si elle y était déjà, dommage, mais vous voilà tout mort pour de bon !

Etonné, vous avez frappé de taille et de toc et vous êtes encore vivant : recevez cette médaille-carte Réussite… c’est votre deuxième ? Félicitation, vous êtes notre grand gagnant !

Il ne reste plus qu’à choisir quel aventurier se met en route pour le prochain donjon parmi les 4 disponibles et hop, c’est reparti, comme dans l’donjon 14.

Bien sûr, il est tout-à-fait possible (et drôle) de l’emporter parce que vous êtes le seul survivant. Vous ne serez même pas obligé d’entrer dans les couloirs humides. Allez simplement vous vantez à l’estaminet du coin, de toute façon, les autres témoins ne sont plus… hin hin hin !

Bienvenue dans le souterrain de Mandom !

Les amateurs de l’épurée version d’origine Dungeon of Mandom la regretteront peut-être, avec une version en trois couleurs noire - blanche - rouge au parti pris marqué. Pourtant les illustrations de Paul Mafayon sont tout-à-fait agréables avec des jeux de lumière plaisants et des monstres à la personnalité attachante qui dégage et raconte quelque chose pour chacun d’entre eux. Bien sûr, le rendu voulu est plutôt mainstream, avec un côté lissé certainement plutôt “grand public”, si tant est que cette catégorie existe. Cela permettra-t-il au jeu de trouver plus facilement son public, l’avenir nous le dira.

Dans le jeu d’origine, déjà fort bon, il n’y avait qu’un petit point sombre, la rejouabilité. Bien sûr, cette notion n’est pas à réfléchir à la même aune pour un jeu rapide, un jeu “apéritif”, que pour un gros jeu, mais Dungeon of Mandom n’avait qu’un seul set d’aventurier et après quelques parties, il pouvait être préférable d’espacer les séances de jeu (ou les joueurs) pour éviter des parties potentiellement stéréotypées. Ici, conjointement avec l’équipe de Iello, Masato Usuegi réussit à nous proposer dans Welcome to the Dungeon de quoi varier les plaisirs. Il est même possible, avec le petit risque de déséquilibrer les sets, de mélanger les équipements et en piocher 6. Ce peut être très drôle aussi pour peu que les joueurs n’aient pas le syndrome “si c’est pas des équilibrés, j’en veux pas !”.

En tout cas, c’est du tout bon pour tous les joueurs qui aiment le “stop ou encore”, le “trash talking” (parler, inciter, en faire des tonnes…) et le bluff, ceux qui aiment se jauger du regard, se prendre des retours de veste en rigolant et pousser les autres joueurs dans l’ornière. Welcome to the dungeon est de ces jeux où, si les joueurs y mettent un peu du leurs, les parties sont autant de rencontres et de moment sympathiques à vivre ensemble et se raconter ensuite. N’ayant aucune prétention, ça n’en sera pas moins un “Monsieur Guillaume Approuved” et toc !

► Welcome to the Dungeon pour les Nuls dans la TTTV ici.

► La partie pour savoir qui s’la pète, en rigolades, ici.

Le jeu arrivera dans toutes les bonnes boutiques aux alentours du 27 mars 2015 mais sera disponible en avant-première à Cannes. Nous retrouverons nous à la porte du Donjon pour savoir qui a la plus grande… témérité ?

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Welcome to the Dungeon
Un jeu de Masato Uesugi
Illustré par Paul Mafayon
Publié par Iello, Oink Games
2 à 4 joueurs
A partir de 8 ans
Langue de la règle: Française
Durée: 30 minutes
Prix: 12,90 €


4 « J'aime »

Alors celui ci j' ai hâte d' en faire une partie avec vous Monsieur Guillaume

1 « J'aime »

armure de plates me laisse néanmoins songeur

à moins qu'il ne s'agisse de plates panzani peut être

+1 fred, je suis bien tenté aussi !