TricTrac

Jeu
Evènement
Curiosite
Amateur
Article
Si vous lisez ceci, vous êtes un(e) veinard(e) !
A propos du rédacteur
Docteur Mops
Docteur Mops est enregistré depuis 2 juin 2000 à 00:00
-publicité-

Si vous lisez ceci, vous êtes un(e) veinard(e) !

Par Docteur Mops , 25 nov. 2013 à 00:00
-publicité-

Voilà un titre bien prétentieux. Mais voilà aussi le sujet de réflexions qui ont agité l’humanité depuis toujours : qu’est-ce que la chance ou la malchance, qu’est-ce que le hasard ? Sommes nous les auteurs de nos vies où les jouets du destin ?

S’il est bien des sujets que questionne le Jeu ce sont bien ceux-là pour peu qu’on ait envie de s’y arrêter un moment. On parle aujourd’hui de jeux de hasard, une catégorie des jeux dont la plupart d’entre eux sont également des jeux d’argents. Ce sont ces mêmes jeux qui ont par le passé jetés l’opprobre (notamment religieuse) sur les jeux en général puisque souvent les joueurs décidaient d’agrémenter le plaisir de la victoire par celui d’un gain un peu plus matériel. C’est ainsi que les jeux furent plusieurs fois l’objet d’interdictions.  Dès le IVe siècle, le concile d’Elvire décide d’exclure de la communauté chrétienne tout fidèle ayant joué une somme d’argent aux dés. En 546, on défends aux clercs de, non seulement jouer aux dés mais aussi d’assister aux parties en tant que simples spectateurs. Malgré la multiplicité des interdits, imposants parfois des punitions cruelles, le jeu ne cessera de perdurer y compris chez les ecclésiastiques. À Orléans, pas très loin de l’officine Tric Trac (qui fut en son temps un presbytère) les propriétaires du Jeu de Paume de la rue des Pensées devaient offrir chaque dimanche un petit pain béni à la Paroisse (Baillet 1535-1654).

On voit donc bien que le jeu cohabite souvent avec la perversion mais les différents textes historiques n’en détaillent pas toujours la ou les raisons. On peut néanmoins en trouver assez facilement. La promiscuité entre le hasard et Dieu est assez évidente surtout si le dieu en question est omnipotent. Les mathématiques n’ont pas encore exploré le jeu des coïncidences et des probabilités qui seront de fait créées par des scientifiques « joueurs ». Dès lors, l’homme d’hier comme l’homme moderne peut constater chaque jour la survenue d’une somme de causalités conduisant à un événement donné sans que l’on puisse par l’esprit en appréhender toutes les données. Voilà donc cette mystérieuse entité qu’est le hasard qui fait son apparition et qui serait la version laïque du destin divin.  Quand à la chance ou la malchance, elles ne sont que des appréciations personnelles ou collectives des effets de ces causalités même si certains les personnifient ou penchent que l’une ou l’autre « s’attache » plus particulièrement à leur petite personne. Même en imaginant un dieu omnipotent, rien n’est moins sûr qu’il dirige son attention à tous les détails de son univers ce qui laisserait donc à la coïncidence mathématique un champ d’action assez large.

C’est certainement Diderot, dont nous fêtons le tricentenaire, qui sera le plus grand libérateur de l’homme notamment dans son drôle et merveilleux « Jacques le fataliste » (1796) où Jacques et le maître s’opposent deux visions du monde : celle d’une liberté de la décision et celle d’un destin dicté et irrémédiablement écrit à l’avance. Voilà qui inspirera nombre d’auteurs à venir comme l’héréditaire Zola et ses Rougon-Macquart en passant par le plus léger Gaston Leroux et le célèbre « Fatalitas » de Chéri-bibi.

Et puisque je vous parle de l’ami Diderot (dont certains aimeraient bien qu’il rentre enfin au Panthéon mais comme ce n’est pas une femme ça rentre mal dans la problématique contemporaine ^^) cela m’offre une transition toute trouvé avec monsieur Raphaël Enthoven, célèbre dix-huitièmiste qui va inaugurer une série de tables rondes au doux nom de (En)Jeux de Société ; une série de conférences qui vont se tenir à la Gaïté Lyrique le 11 décembre prochain à Paris.

Le sous-titre nous donne plus d’indices sur la teneur de ces confs-philos (qui rencontrent un grand succès depuis plusieurs années) : « le RdV qui décrypte la place du jeu dans nos vies ».

 

Vaste programme qui est peut-être en ce moment même en train d’allumer une lueur dans votre regard de penseur intello parce que normalement les autres ne sont pas allés aussi loin dans la lecture de cet article et qui ne présentera donc aucune nouveauté ludique. Moi aussi je me permets quelques récréations non de… hasard !

Mais ne vous emballez pas trop vite. D’abord, on peut voir qu’il y a du beau monde au balcon à commencer par ce bellâtre de Enthoven qui est notre philosophe beau gosse qu’on aime tellement qu’il nous vulgarise partout et qui a éclipsé un peu l’échevelé et engagé mais médiatique Michel Onfray qui préfère tailler un short au vieux Sigmund que de parler des jeux. Pourtant Michel si tu me lis, voilà un beau sujet permettant de bouffer du curé en toute amitié.  Vous ne connaissez pas Raphaël ? Vous en regardez pas Arte ? Tss ! Tss ! Philistins !  Disons qu’avant on avait un philosophe beau gosse qui était BHL (il est toujours philosophe mais commence à se faire âgé) et donc la fille de BHL a un mari qui est Raphaël et dont le papa (vieux beau gosse) sort avec Carla Bruni. Mais si ! Mais du coup Carla préfère le fils avec qui elle va faire un bébé ce qui va rendre Justine pas très heureuse. Heureusement que Tric Trac est là pour vous apprendre la philosophie… Sinon on retrouve dans l’équipe d’autres peoples comme Denis Brogniart (journaliste sportif de TV) , Estelle Denis qui est animatrice mais aussi joueuse de Poker… Je ne vais pas toutes et tous vous les présenter ; vous pourrez les découvrir sur le site dédié et vous comprendrez que le fameux jeu dont on va parler n’est pas vraiment celui qui nous passionne ici d’habitude.

 

Voyons maintenant les sujets des trois tables rondes : Faut-il croire à sa chance ?; Quel rôle joue le hasard dans notre vie ? et Qui ne risque rien n’a rien ? Trois questions qui ont certes d’évidentes résonnances philosophiques  mais dont la formulation nous évoquerait plutôt les chapitres d’un bouquin de coaching à la mode. Et puis personne n’a jamais dit qu’il était question de philo après tout ! C’est moi qui fantasme encore ! Vous noterez également que le jeu annoncé plus avant vient de prendre un tour beaucoup plus orienté et cela va prendre enfin tout son sens quand on découvre le logo de la Française des Jeux et la présence de Christophe Blanchard-Dignac (le PDG) parmi les intervenants.

Je ne pratiquerais pas la divination maléfique en évoquant les propos qui vont s’y tenir et je vais laisse donc juge de savoir si cela va mériter ou pas votre présence. En tout cas vous en êtes désormais informé.

On sent bien entendu que tout cela est quand même le manger de la FdJ qui est une société tenue à 72% par l’état français et qui est la seule à pouvoir gérer les jeux d’argent. Ce qui est dénoncé par les uns comme un très vilain monopole mais qui assure que les 24% du CA (12,1 milliards) sont bien reversés sous forme d’impôts à l’état (donc nous) et via la très active fondation du groupe qui agit aussi bien dans le domaine sportif qu’humanitaire mais qui n’ont hélas pas encore acheté de Pouicos…

 

Alors finalement est-ce que les loteries sont des jeux ? Est-ce que le hasard existe ? Sommes nous chanceux ou malchanceux et pouvons nous y faire quelque chose ? On connaît déjà un petit peu la réponse de la FdJ. Après tout il est aussi tout aussi vrai que 100% de gagnants sont des gens qui ont tenté leur chance et que si nous jouons au Loto une fois par semaine, nous avons une chance de gagner environ tous les 366 000 ans, comme il est aussi exact qu’en 2011, 47 joueurs ont remporté des gains de 1 million ou plus. À la lecture de ses affirmations ont devrait donc ce dire : Ha ! C’est bien ! Puis Ha ! Mais c’est impossible ! Et Enfin Ha ! Mais moi aussi je peux alors !? Et tout cela en parlant exactement de la même chose.

 

 

 

Quoi qu’il en soit c’est la fin de cet article et je me demande si vous allez trouver que c’est une chance ou pas…

 

► Le site de (En)Jeux de société
► Le site de la Française des Jeux
► Cap Loto : quelques calculs simples de probabilités sur le Loto

 

Par Docteur Mops , lundi 25 novembre 2013 à 00:00
Réactions à la niouze 
6commentaires
tom vuarchex
21 nov. 2013 à 18:19

Ce truc fait un peu le même effet que le supplément "La vie est un jeu" du courrier International, sorti récemment, on se dit "Ah tiens ! chic !" ... et puis on regarde de quoi il s'agit et on se dit "Ah ... mouais mouais, bon ... dommage"

Les discussions seront probablement intéressantes mais un poil éloignées de sujets de fond sur le monde ludique qui nous occupe ( et que le titre de l'événement pourrait laisser supposer ).
3 sportifs, un journaliste sportif, une autre Estelle Denis qui est la seule vraiment proche du JdS mais qui va surement faire le lien avec un discours sur l'addiction ( cf le supplément du courrier ) du psychologue clinicien.
La présence du PDG de la FdJ laisse effectivement craindre le pire.

On peut avoir un peu d'espoir avec les philosophes et essayistes mais les thèmes de débat sont tellement vastes que tout est possible. En tous cas, le risque d'enfonçage massif de portes ouvertes est à craindre.

En revanche, connaissant le lieu, je suis assez surpris qu'il n'y ait pas d'intervenant lié au jeux vidéo car c'est clairement la culture de base des responsables très bobos du lieu.

Sinon, le bar est sympa, c'est toujours ça de pris.

romainv
21 nov. 2013 à 21:41

Quel beau travail de journaliste !

Non seulement on a de l'info, mais en plus elle est analysée, décryptée, et questionnée. Bravo ! Merci Dr Mops !

Continuez à écrire des articles de genre, qui nous changent des infos sur les sorties (attention je ne dis pas qu'on a pas besoin des infos sur les sorties, je dis que c'est bon de varier les plaisirs).

deltajordan
21 nov. 2013 à 22:54

Sachant que l'événement a lieu un mercredi matin entre 10h00 et 12h30 je ne sais pas quelle fraction sociétale va pouvoir y assister, pas les joueurs qui bossent normalement du lundi au vendredi en tout cas. Dommage ça aurait été mieux en soirée ou un samedi...

Markid
25 nov. 2013 à 15:07

"La place du jeu dans nos vies" ?

 

Cela me botte ! Mais en touche, finalement.

Considérant le jeu comme un besoin tellement primaire, que tout est "jeu" pour l'Homme socialisé (et non pas "sexe", qu'on a fait jeu, Docteur - pas vous, mais l'Autre), je suis à la recherche de tout ce qui peut nourrir ma soif de points de vue sur cette question...

Las, ce n'est pas encore là que je m'abreuverai :S

 

Belle (première) illustration :)

Choucane
26 nov. 2013 à 00:11

Merci Docteur pour ce très bel article, qui nous rappelle que tout jeu n'est pas ludique...

A pratiquer notre loisir avec assiduité, on a tendance à oublier ce détail !

En tout cas, ce genre d'évènement participe à nous montrer que les acteurs du jeu de société en général, et Tric-Trac en particulier, ont encore du pain sur la planche pour répandre la bonne parole ludique !

 

Gentlekev
26 nov. 2013 à 21:23

Merci pour cet article Dr Mops ;-)

K.