Encore un p'tit coup de Rome ?
Retour à la grande époque de l'Empire romain où, durant trois ères (manches), il va falloir se développer pour régner. Trois manches, ça peut paraître court, sauf que ce jeu mélange moteur, combo et optimisation. Avec une notion d'équilibre primordiale. Le plateau est dense mais clair, les actions nombreuses mais évidentes... un jeu où l'on voit bien ce qu'il faut faire mais où la transposition sur le terrain est une Via Appia compliquée
A son tour, après un draft de cartes, on peut acheter (conquérir) une carte Province qui donne beaucoup de ressources (pierre/blé/prestige/sous/meeple citoyen...) mais génère la révolte (piste qui fait perdre ressources/citoyen), une carte Monument qui sert durant le jeu/fin en offrant des bonus. Ces deux types de cartes affichent des logos de couleurs utiles pour le décompte. Sur le (grand) plateau, on peut construire des bâtiments et se placer sur les collines pour récolter points et avantages. Un choix rentable sauf si ce lieu devient trop peuplé et engendre une...révolte. . On peut également recruter un personnage (pouvoir/bonus). Les fins de manche paient en points et bonus mais il faut nourrir ses citoyens et payer LES niveaux de révolte (sous peine d'être éliminé du jeu au décompte) ou prendre un jeton ruine (révolte différée et perte de 1 à 17 points).
Aeterna semble être passé inaperçu malgré le nom de son auteur Martin Wallace (Brass, Londres...). Un jeu de développement exponentiel où les directions sont multiples mais où la construction de son petit monde doit suivre une ligne droite. Il faut trouver le dosage idéal entre récolte (des ressources) et révolte, prendre le risque de se placer sur les collines sans être inquiété. A ce titre, être premier joueur n'est pas la meilleure place (même si cela rapporte des points). Niveau interaction, l'ordre de placement des citoyens sur les collines en est le point fort, l'observation des ressources chez les adversaires n'est pas à dédaigner, mais on joue aussi dans son coin, construisant son espace. Et à ce titre le jeu est punitif, louper le départ vous suit toute la partie. Subir les révoltes sans moyen de les calmer vous freine (et si vous perdez les ressources demandées pour ramener la paix sociale, vous commencez le tour suivant quasi à vide... Mauvaise idée). Le jeu ne propose pas une grande souplesse, il peut être punitif, il faut être rigoureux pour se maintenir à flot et peut donc être violent si on se loupe. A part les illustrations des personnages (quand Spartacus ressemble à Ryu de Street Fighter) que j'aime moins, voilà un jeu accessible dans ses règles et plus clinique dans son déroulement, qui fait grincer mais procure sa dose de satisfaction quand on parvient au bout.